(Ottawa) Québec a attendu si longtemps avant de distribuer les tests de dépistage rapide pour la COVID-19 que des dizaines de milliers pourraient être périmés dans les prochaines semaines.

Catherine Lévesque
La Presse Canadienne

Selon les chiffres fournis par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS),359 040 tests de BD Veritor et 32 640 tests d’ID Now vont expirer en avril 2021. En date du 24 février, le MSSS a indiqué avoir distribué tous les tests d’ID Now et une toute petite fraction (47 580) de ceux de BD Veritor.

Les chiffres n’indiquent que la distribution, et non pas si les tests ont été utilisés.

Jusqu’à maintenant, ces tests avaient été acheminés dans les CISSS et CIUSSS un peu partout au Québec et ceux-ci en faisaient la répartition entre les écoles et les entreprises. Vendredi, le MSSS a annoncé qu’ils allaient être utilisés pour tester les travailleurs de la santé sur une base plus régulière.

Le gouvernement fédéral a distribué les premiers tests rapides aux provinces en octobre dernier.

Ceux d’ID Now et de BD Veritor ont une durée de vie limitée de six mois ; les dates de péremption se situent entre avril et juillet 2021. Les tests rapides de Panbio, plus nombreux, ont des dates de péremption variant entre octobre 2021 et avril 2022.

Vendredi, le premier ministre Justin Trudeau a rappelé, comme il l’a fait à maintes reprises dans les derniers mois, l’importance d’utiliser ces tests rapides.

« On comprend à quel point avec ces nouveaux variants ça va être important d’amener cette technologie de façon plus active pour pouvoir garder la population en sécurité même avec un certain déconfinement », a-t-il déclaré en réponse à une question de La Presse Canadienne.

« En même temps, nous sommes en train de travailler avec le secteur privé pour s’assurer qu’il y a d’autres options pour utiliser des tests rapides parce qu’on sait que ces tests rapides vont être un moyen de nous garder en sécurité à l’approche du printemps », a-t-il ajouté.

Le milieu des affaires réclame une utilisation accrue de ces tests. Un récent coup de sonde de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) démontre que 58 % des propriétaires de PME se disent prêts à utiliser les tests de dépistage rapide si cela peut leur éviter de fermer.

« Les petites et moyennes entreprises veulent utiliser les tests de dépistage rapide. […] Limiter les propagations, c’est maintenir leurs entreprises ouvertes », a résumé en entrevue François Vincent, vice-président pour le Québec de la FCEI.

Au MSSS, on s’est défendu d’avoir trop attendu avant de rendre ces tests disponibles.

Dans une déclaration, la porte-parole Marie-Louise Harvey dit que le gouvernement du Québec a voulu prendre « toutes les précautions nécessaires afin de s’assurer que les tests rapides puissent mieux cibler les populations et les milieux au sein desquels l’utilisation serait optimale ».

« Les tests rapides sont un complément aux tests de détection des acides nucléides effectués en laboratoire, ils font partie des outils que le Québec utilise pour contrer la COVID-19. Les tests de laboratoire demeurent le premier choix », a-t-elle tenu à rappeler.

« Si on a peur que le test soit mal administré et de ne pas avoir les bons résultats, d’avoir des tests périmés qui ne seront utilisés ne permettra pas non plus d’avoir de bons résultats », réplique M. Vincent.

Il est possible pour les entreprises et les organismes communautaires d’avoir accès à ces tests rapides lorsqu’ils en font la demande au moyen d’un formulaire disponible sur le site du gouvernement du Québec. Sont admissibles, pour le moment, ceux « dont la nature du travail ne permet pas d’être en télétravail ».

La FCEI invite l’ensemble des entreprises qui le peuvent à se prévaloir de ce programme, tout en appelant le gouvernement à faciliter la tâche administrative aux plus petits joueurs.