Dès jeudi, les personnes de 85 ans et plus, soit celles nées en 1936 ou avant, pourront prendre rendez-vous afin de se faire vacciner contre la COVID-19 au Québec. D’ici à un maximum de deux semaines, le gouvernement espère avoir terminé la vaccination de ce groupe d’âge et prévoit étendre la vaccination aux catégories suivantes.

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

Le premier ministre François Legault était de passage mardi après-midi au Stade olympique pour faire l’annonce du lancement de la campagne de vaccination massive au Québec. « Dès la semaine prochaine, la population en général va commencer à être vaccinée », a-t-il dit.

À partir de jeudi, les personnes de 85 ans et plus pourront prendre rendez-vous. La façon la plus simple sera de passer par l’internet, selon M. Legault, qui invite la population à se rendre sur le site Quebec.ca/vaccinCOVID. Les gens qui ne sont pas à l’aise avec cette façon de procéder pourront composer le 1 877 644-4545 pour prendre rendez-vous. Mais Québec encourage le plus possible la population à le faire en ligne.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Le premier ministre François Legault et le Dr Horacio Arruda étaient de passage mardi après-midi au Stade olympique pour faire l’annonce du lancement de la campagne de vaccination massive au Québec.

Au moment de la vaccination, on confirmera également une date de rendez-vous pour une deuxième dose, a dit M. Legault.

Cette deuxième dose sera administrée dans un délai de 90 jours, a affirmé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé. Il est d’ailleurs prévu que les résidants de CHSLD, les travailleurs de la santé et les résidants de résidences privées pour aînés commencent à recevoir leur deuxième dose à la mi-mars.

Les autres catégories viendront rapidement

Parce que la COVID-19 frappe plus fort dans le Grand Montréal, les personnes de 85 ans et plus de Montréal, de Laval, des Laurentides, de Lanaudière et de la Montérégie seront vaccinées en premier. Celles du reste du Québec pourront tout de même prendre leur rendez-vous dès jeudi. Elles ne seront toutefois pas vaccinées avant la semaine du 8 mars, alors que les aînés du Grand Montréal commenceront à l’être dès la semaine prochaine. « On va commencer par la grande région de Montréal étant donné que le virus est plus présent », a dit M. Legault.

Québec doit recevoir cette semaine 107 640 doses du vaccin de Pfizer et 28 500 du vaccin de Moderna. Au cours des trois semaines suivantes, la province doit recevoir en moyenne 100 000 doses par semaine.

Le ministre Dubé a expliqué que la province comptait environ 200 000 personnes de 85 ans et plus qui ne résident pas en CHSLD ou en résidence privée pour aînés. Québec espère vacciner au moins 75 % de ces personnes et compte y arriver dans les deux prochaines semaines. « Après, ça va débouler : 80 ans, 70, 60, et la population en général. […] On est en train de prévoir que ça puisse aller rapidement », a dit M. Legault.

À Montréal, on compte seulement de 42 000 à 43 000 personnes de 85 ans et plus ne résidant pas en CHSLD ou en résidence privée pour aînés.

À Laval, on prévoit environ une semaine pour vacciner les 13 000 personnes âgées de 85 ans et plus du territoire.

M. Legault a invité les gens qui ne sont pas nés en 1936 ou avant à ne pas prendre rendez-vous dès jeudi pour ne pas engorger le site. « Les personnes nées après 1936, n’appelez pas. Ce n’est pas tout de suite », a-t-il dit.

La vaccination se déroulera dans des centres de vaccination identifiés dans chaque région du Québec. Déjà, mardi, des employés du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal étaient par exemple vaccinés au Stade olympique afin de tester les installations.

Le ministre Dubé a rappelé qu’il était impossible de déplacer les vaccins. Les gens ayant des incapacités et ne pouvant se déplacer seuls devront avoir recours au soutien de proches aidants. L’appui des organismes communautaires sera également demandé pour aider les gens seuls qui seraient incapables d’aller se faire vacciner. « Le principe, c’est qu’ils doivent se déplacer, parce que malheureusement on ne pourra pas se déplacer chez eux », dit M. Dubé.

Grandes inquiétudes pour la relâche

Malgré l’annonce concernant la vaccination, M. Legault s’est dit « inquiet » à quelques jours de la semaine de relâche. Alors que le vaccin prend « trois semaines à être efficace », il a invité la population à la prudence. « Au Québec, comme à peu près partout dans le monde, le nombre de nouveaux variants augmente. Et c’est plus contagieux. C’est encore plus facile qu’avant de le contracter. Si on ne fait pas attention, dans les prochaines semaines, on pourrait voir le nombre de cas exploser », a affirmé M. Legault.

Selon le premier ministre, la semaine de relâche sera « un gros test ».

« Il ne faut pas qu’il se passe ce qui s’est passé dans le temps des Fêtes. […] Ce n’est pas le temps de faire des rassemblements privés dans des maisons, des chalets, des grandes chambres d’hôtel. Il faut respecter sa bulle familiale. Il ne faut pas qu’on se retrouve avec une explosion de la contagion. »

Le premier ministre a dit craindre une troisième vague. « Si les gens se voient comme ils se sont vus dans le temps des Fêtes, c’est ce qui va arriver », a-t-il affirmé.

Le nombre de cas se stabilise

Par ailleurs, le nombre de cas de COVID-19 se stabilise au Québec, tandis que les hospitalisations et les décès poursuivent leur tendance à la baisse. Mardi, 739 nouveaux cas ont été enregistrés dans la province, portant la moyenne à 783 cas par jour. Il s’agit d’une légère hausse depuis le début de la semaine. Cela représente toutefois 92 cas pour un million d’habitants, ce qui est en deçà du seuil pour la zone rouge (100 cas pour un million d’habitants). Les 12 décès rapportés mardi correspondent à la moyenne observée depuis une semaine. Celle-ci poursuit ainsi sa tendance à la baisse.

Pierre-André Normandin, La Presse

L’école Monseigneur-Gilles-Gervais reste fermée pour le moment

L’école Monseigneur-Gilles-Gervais, à Saint-Bruno-de-Montarville, restera fermée au moins jusqu’à vendredi. Les autorités ont choisi mardi de prolonger la fermeture de l’établissement, qui avait lancé en début de semaine une opération de dépistage massive sur tous ses élèves et son personnel, dans la foulée d’une éclosion de COVID-19. « Nous avons eu 457 tests de dépistage durant les deux jours. Les résultats finaux seront connus dans quelques jours. La décision a été prise par la Santé publique que l’école sera fermée du mercredi 24 février au vendredi 26 février », a indiqué la directrice, Nathalie Couillard, dans un avis interne. Mme Couillard y souligne également que l’enseignement à distance « pourra démarrer » dès mercredi, et que certains groupes « recevront un message personnalisé » de leur enseignant. Lundi, on comptait 14 cas actifs du coronavirus parmi les élèves de cette école. Au moins six membres du personnel ont aussi été déclarés positifs.

Henri Ouellette-Vézina, La Presse