(Québec) La cheffe libérale Dominique Anglade s’est saisie mercredi d’un échange de courriels publié dans les médias pour réclamer une fois de plus une commission d’enquête publique sur la gestion de la pandémie.

Caroline Plante
La Presse Canadienne

Le Journal de Montréal a publié un échange de courriels entre le chef de cabinet du premier ministre François Legault, le ministre de la Santé Christian Dubé et le directeur de la santé publique, notamment.

Ces principaux acteurs ne semblaient pas du tout au courant des éclosions de COVID-19 dans les bars de Montréal en juillet dernier, même après que la Santé publique de Montréal eut sonné l’alarme.

Or, tout indique que la situation ne sera jamais investiguée par la commissaire à la santé chargée d’examiner la performance du réseau lors de la première vague, ont souligné les libéraux, mercredi.

Les communications gouvernementales, entre autres au sein de la cellule de crise, ne font pas partie des enquêtes annoncées, a déploré Mme Anglade à la période des questions au Salon bleu.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

Dominique Anglade

Ni la commissaire à la santé ni le coroner ne vont pouvoir enquêter sur cet aspect. « Pourtant, il est important cet aspect-là […] pour véritablement apprendre collectivement de cette crise », a-t-elle martelé.

Selon Mme Anglade, les courriels publiés dans le journal ajoutent un « nouvel argument » qui justifie la tenue d’une enquête publique indépendante sur l’ensemble de la gestion de la crise.

« S’il n’y a pas d’enquête publique, on ne pourra jamais savoir si les contrats octroyés pendant la crise étaient justifiés, si la coordination interministérielle a été efficace.

« On ne pourra jamais savoir si la campagne de vaccination était optimisée, si les confinements auraient pu être organisés différemment, si les tests rapides ont été utilisés de la bonne façon », a-t-elle énuméré.

La porte-parole libérale en santé, Marie Montpetit, a renchéri en disant que les courriels démontraient le « décalage important entre le gouvernement et la gestion terrain de la pandémie ».

« Il n’y avait pas de chaîne de communication claire ; les décideurs apprenaient des informations importantes dans les journaux », a-t-elle déploré.

Guilbault défend son gouvernement

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Geneviève Guilbault

Ce que les libéraux ne disent pas, c’est qu’il y a eu plusieurs améliorations depuis la première vague, s’est défendue mercredi la vice-première ministre Geneviève Guilbault, en l’absence du premier ministre.

« Pensons simplement au dépistage. Notre capacité de tester est à peu près 30 000 tests par jour, M. le Président. Comparé à la première vague, c’est du jamais vu », a-t-elle déclaré.

Mme Guilbault a également souligné qu’il y avait désormais un gestionnaire imputable par CHSLD, et que la culture de contrôle des infections avait été renforcée dans les milieux d’hébergement.

De son côté, le ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, a plaidé qu’en juillet, « la communication s’est faite de façon quand même normale entre le directeur régional, national et notre cellule de crise ».

Il a ajouté que selon lui, la commissaire à la santé a des pouvoirs d’enquête « très, très larges » et peut poser les questions qu’elle veut.

Depuis des mois, tous les partis d’opposition à l’Assemblée nationale réclament une commission d’enquête publique indépendante sur la gestion de la crise de la COVID-19.