(Québec) Québec concentre la lutte à la COVID-19 sur Montréal en raison du taux élevé de propagation. L'ensemble des cas positifs seront criblés afin de détecter l'apparition de variants et la vaccination se concentrera sur la région métropolitaine.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a confirmé que la totalité des échantillons positifs à la COVID-19 dans la région du Grand Montréal seront soumis à du criblage dès la semaine prochaine dans l'objectif de mieux lutter contre l'arrivée de variants au Québec. D'ici deux semaines, on pourrait étendre la mesure à l'ensemble de la province.

« [Les variants] c'est le sujet le plus important pour moi », a mentionné jeudi le ministre Dubé. Le nombre de variants détectés au Québec demeure à 11. Les 44 cas suspects à Montréal sont toujours sous investigation. « Est-ce qu'il y a plus de cas que ceux détectés ? La réponse c'est oui et peut-être qu'un moment donné, la souche d'un variant pourrait être la souche la plus répandue au Québec », a illustré le Dr Horacio Arruda.

Les activités de séquençage seront aussi bonifiées. Pour l'heure, environ 8,5 % des échantillons positifs à la COVID-19 sont séquencés. Québec a dans la mire de le faire grimper à « 15% et même 20 % », a précisé le Dr Arruda. Le gouvernement n'a pas fourni jeudi d'échéancier pour atteindre cet objectif.

« Il faut comprendre [que le criblage ou le séquençage] ça ne change rien en termes d'intervention [de la Santé publique] », a assuré le Dr Arruda. En Abitibi-Témiscamingue, deux cas du variants de l'Afrique du Sud ont été confirmés mardi. Ces cas - qui remontent à la fin décembre - sont liés à une éclosion maintenant contrôlée, qui a touchée au moins une trentaine de personnes.

Les autorités régionales ont dû attendre quatre semaines avant d'obtenir la confirmation de la présence du variant dans les échantillons expédiés pour séquençage. « Il ne faut pas tomber dans le piège que les méthodes d'intervention [auraient] été différentes », a fait valoir le Dr Arruda.

Devant la menace des variants, Québec change par ailleurs de stratégie et débutera plus massivement l'utilisation des tests rapides dans des écoles et entreprises. « La semaine prochaine, on va revenir avec un plan très clair », a précisé M. Dubé. Il a indiqué que les tests rapides qu'Ottawa a envoyés aux provinces seront utilisés dans des endroits précis où il y a plusieurs personnes symptomatiques.

« La Santé publique avait des inquiétudes sur la fiabilité des tests rapides depuis longtemps. Ce qui a été long à faire, mais c'est réglé depuis le début janvier, c'était de [déterminer] dans quelle circonstance on pouvait les utiliser de façon appropriée sans créer un problème », a admis M. Dubé.

1121 nouveaux cas, 37 décès

Le Québec enregistre jeudi une hausse du nombre d’infections, alors qu’on recense 1121 nouveaux cas de COVID-19 ainsi que 37 décès supplémentaires. Dans le réseau de la santé, le nombre d’hospitalisations continue toutefois de diminuer et est maintenant passé sous la barre des 900.

Ces nouvelles données portent à 273 847 le nombre de personnes qui ont été infectées par la maladie depuis le début de la pandémie. De ce nombre, 252 651 Québécois sont maintenant rétablis, selon les chiffres du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). La moyenne sur sept jours du nombre de nouveaux cas atteint maintenant 1025.

Au total, 10 149 personnes ont jusqu’ici succombé des suites de complications liées au virus. Des 37 décès rapportés jeudi, 18 sont survenus dans la région de Montréal, qui demeure la plus touchée par la crise avec 503 nouveaux cas déclarés jeudi. Sur la couronne nord, Laval n'enregistre pas de décès, mais affiche quelque 118 cas, une hausse marquée par rapport aux derniers jours.

Six décès et 170 infections en plus ont aussi été recensées en Montérégie. Dans la Capitale-Nationale, on compte cinq morts et 47 cas. Les régions de l’Estrie et des Laurentides déplorent respectivement 65 et 59 infections, ainsi que trois morts chacune, alors que le Mauricie-Centre-du-Québec déplore deux décès et 29 cas en plus. En moyenne, le Québec rapporte 30 décès par jour depuis sept jours.

Des scénarios d'hospitalisation en baisse

Le nombre d’hospitalisations, lui, a chuté de 44 jeudi, soit la plus forte baisse sur ce plan depuis le 5 février. On dénombre actuellement 874 patients hospitalisés au Québec, dont 143 se trouvent toujours aux soins intensifs, soit une baisse de cinq cas en 24 heures.

Dans de nouvelles projections publiées jeudi, l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a dit anticiper « que le déclin observé la semaine dernière du nombre de patients COVID-19 hospitalisés se poursuivra ». Ces modélisations sont basées sur des données collectées jusqu'au 5 février.

« Pour Montréal et ses régions proches, les hospitalisations projetées continuent à diminuer. On ne prévoit pas de dépassement des capacités hospitalières au cours des trois prochaines semaines », écrivent les experts de l'organisme gouvernemental. Dans la métropole, un peu plus de 50 % des lits réguliers et près de 66 % des lits aux soins intensifs sont occupés dans le réseau consacré à la COVID-19.

Ailleurs au Québec, le nombre d'hospitalisations projetées est en « forte décroissance ». L'INESS n'y prévoit pas de dépassement des capacités hospitalières au cours des trois prochaines semaines. Moins de 25 % des lits réguliers et de soins intensifs désignés sont par ailleurs occupés. Selon l'organisme, le nombre de nouveaux cas a diminué de plus de 60 % dans tous les groupes d'âge depuis le début janvier, « sauf chez les moins de 18 ans (-26 %) », qui représentent maintenant environ une nouvelle infections sur quatre.

Vers un maintien des mesures ?

Côté prélèvements, le bilan est stable par rapport à la moyenne sur sept jours. Mardi, la province a en effet effectué 32 207 tests de dépistage, pour un cumulatif total de 6 185 270 jusqu’ici. On constate également une légère hausse du nombre de doses de vaccin qui ont été administrées. Mercredi, les autorités rapportent avoir utilisé 5409 doses supplémentaires, pour un total de 272 332. C’est donc dire qu’environ 3,2 % de la population a jusqu’ici été inoculée. À ce stade-ci, un peu plus de 38 000 doses sont en réserve actuellement, selon les chiffres du gouvernement.

Actuellement, la province compte 1123 éclosions considérées comme actives; c'est une hausse de huit par rapport à la veille. Près de 33 % d'entre elles proviennent de milieux de travail, 30,5 % de milieux de vie ou de soins et 23,5 % du réseau scolaire.

Plus tôt jeudi, lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale, François Legault a indiqué qu’il songeait à maintenir pour encore un mois les zones rouges actuelles, ce qui signifierait la prolongation du couvre-feu au-delà du 21 février. Le premier ministre a aussi évoqué les scénarios à l’étude en prévision de la semaine de relâche. Empêcher les Ontariens de se rendre sur le territoire québécois, « c’est quelque chose qu’on regarde », a-t-il avoué, en disant avoir « une inquiétude de ce côté ». Des barrages routiers pourraient être érigés. « On est en train de regarder ça. Qui va faire ça ? Comment vont se faire les vérifications ? »

La COVID-19 en graphiques

Suivez la progression de la pandémie en temps réel dans notre page de graphiques interactifs.