Cinq jours après que la Sûreté du Québec (SQ) eût été mandatée de faire respecter la quarantaine des voyageurs arrivant de l’étranger, le corps policier ne peut toujours pas remettre de constats d’infraction aux récalcitrants. Le gouvernement Legault a bon espoir d’arriver à une entente « très prochainement » avec Ottawa.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Notre objectif est clair : nous souhaitons que les corps de police du Québec soient en mesure de remettre des constats d’infraction aux voyageurs qui ne respecteront pas leur quarantaine », affirme dans une déclaration le cabinet de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, par l’entremise de l’attachée de presse, Amélie Paquet.

Depuis le 22 janvier, les agents de la SQ ont été mandatés par Québec de faire appliquer la quarantaine obligatoire des voyageurs sur tout le territoire québécois. Le hic : ils n’ont toujours pas reçu l’autorisation du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Questionnée à ce sujet, Mme Paquet précise qu’il faut d’abord que le gouvernement Trudeau « apporte certains éléments d’information » au DPCP. « À l’heure actuelle, ce n’est toujours pas fait. Les discussions se poursuivent entre le fédéral, le ministère et les corps de police », soulève-t-elle. Si cette étape est franchie, une autorisation du DPCP pourrait survenir au courant des prochains jours.

Nous sommes confiants que nous arriverons à une entente très prochainement. Nos policiers pourront alors appliquer la Loi sur la mise en quarantaine convenablement au Québec.

Amélie Paquet, attachée de presse de Geneviève Guilbault

La porte-parole du DPCP, MAudrey Roy-Cloutier, a indiqué que des échanges ont lieu actuellement sur « la façon d’appliquer la loi fédérale » au Québec.

Un enjeu d’actualité

Mardi, le premier ministre François Legault a de nouveau déploré la lenteur des autorités fédérales à intervenir pour contrôler la transmission des nouveaux variants de COVID-19. Il réclame une interdiction des déplacements non essentiels. « C’est catastrophique quand ce variant du virus arrive avec des voyageurs qui arrivent de l’étranger. Ça amène une propagation qui est presque exponentielle. […] À chaque jour qui passe, il y a un risque qui s’ajoute. Il y a une urgence d’agir », a martelé le caquiste, qui dit avoir « de la difficulté à comprendre pourquoi c’est si long de prendre la décision ».

De son côté, le premier ministre canadien Justin Trudeau a indiqué que « toutes les options sont sur la table ». « On va annoncer de nouvelles mesures très bientôt », a-t-il insisté, en demandant aux citoyens de ne pas voyager pour des raisons non essentielles, « surtout pas pendant la semaine de relâche ».

Ottawa étudierait au moins deux options : invoquer la Loi sur les mesures d’urgence pour interdire les voyages non essentiels à l’étranger, ou encore imposer une quarantaine obligatoire aux voyageurs qui rentrent au pays dans un hôtel, à leurs frais.

Les données de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) montrent que 15 contraventions, 25 avertissements verbaux et un écrit ont été distribués entre le 5 et le 24 janvier pour non-respect de la quarantaine. Aucune accusation n’a été portée.

– Avec Mélanie Marquis et Joël-Denis Bellavance