Au cours des dernières semaines, plusieurs fausses nouvelles sur le vaccin contre la COVID-19 ont été relayées sur les médias sociaux. Afin d’y voir plus clair, La Presse distingue le vrai du faux.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

Vingt-trois personnes âgées sont mortes à cause du vaccin Pfizer-BioNTech en Norvège.

Mythe

Il n’y a pas de cause directe qui démontre que ces 23 personnes âgées sont mortes à cause du vaccin. « Effectivement, en Norvège, il y a des personnes âgées qui sont décédées après avoir été vaccinées. Par contre, les personnes peuvent très bien être décédées d’une autre cause », explique Gaston De Serres, médecin épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). À l’heure actuelle, en Norvège, les personnes vaccinées sont des personnes âgées vivant dans des maisons de retraite. « On s’attend donc à ce que des décès surviennent à un moment proche du moment de la vaccination », a déclaré l’Agence norvégienne des médicaments dans un communiqué. En Norvège, 400 personnes en moyenne meurent chaque semaine dans des maisons de retraite et des établissements de soins de longue durée.

La première femme vaccinée en France est morte.

Mythe

Le 27 décembre, Mauricette, une dame de 78 ans, est devenue la première Française vaccinée contre la COVID-19. Au cours des derniers jours, plusieurs comptes anti-vaccin ont diffusé la rumeur selon laquelle elle serait morte depuis. Il s’agit toutefois d’une fausse nouvelle. La dame a même reçu sa deuxième dose du vaccin Pfizer-BioNTech le 19 janvier dernier.

PHOTO THOMAS SAMSON, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Mauricette, 78 ans, est devenue la première Française vaccinée contre la COVID-19, le 27 décembre.

300 000 doses du vaccin Moderna ont été retirées en Californie parce qu’elles pouvaient causer des allergies sévères.

Réalité

L’épidémiologiste de l’État de Californie, la Dre Erica S. Pan, a recommandé de cesser d’utiliser un lot de 300 000 doses du vaccin Moderna, par « extrême prudence », car quelques personnes avaient eu des réactions allergiques graves. Le vaccin peut provoquer des effets secondaires pendant quelques jours, notamment de la fièvre, des frissons, des maux de tête, un gonflement ou une fatigue. Cependant, les réactions sévères sont extrêmement rares. La Dre Pan a déclaré que pour un vaccin similaire à celui de Moderna, le taux d’anaphylaxie, soit une réaction grave à un allergène, est d’environ 1 sur 100 000. Au Québec, le ratio est plutôt d’un cas sur 20 000, indique le DDe Serres.

PHOTO MARIO ANZUONI, ARCHIVES REUTERS

Des gens font la file pour recevoir une dose du vaccin Moderna à Anaheim, en Californie, le 13 janvier.

Une personne peut obtenir un test contre la COVID-19 positif à cause du vaccin.

Mythe

« C’est impossible, indique le DDe Serres. Si leur test est positif, c’est parce qu’ils sont infectés, ce n’est pas à cause du vaccin. » Le test est conçu pour découvrir si l’ARN du virus est présent dans le corps. L’ARN présent dans le vaccin n’est toutefois pas durable et est dégradé en moins de 24 heures, explique l’épidémiologiste. Si un test détecte la présence d’ARN dans le corps, c’est parce que la personne est bel et bien infectée par le virus.

Un médecin de Floride est mort peu de temps après avoir reçu son vaccin contre la COVID-19.

Réalité

Le DGregory Michael, un obstétricien et gynécologue en Floride, a succombé à une hémorragie cérébrale 16 jours après avoir reçu son vaccin. Trois jours après avoir reçu sa première dose, l’homme de 56 ans a développé une forme grave de purpura thrombopénique immunologique, une maladie sanguine, et il est mort d’une hémorragie cérébrale 13 jours plus tard. Selon le New York Times, une enquête a été ouverte par Pfizer et par les agences de santé locale et fédérale. À l’heure actuelle, il est encore trop tôt pour dire si le vaccin est en cause.

– Avec Judith Lachapelle, La Presse