Antonietta Pollice, une Montréalaise de 97 ans, aurait reçu une dose du vaccin Moderna début janvier, puis une dose du vaccin Pfizer-BioNTech près de deux semaines plus tard, selon sa fille. Sa famille déplore l’erreur et s’inquiète de l’administration de deux produits différents.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

« Quand ils m’ont annoncé leur erreur j’ai dit : pardon ? C’est des vaccins qu’on distribue, pas des hamburgers », s’exclame Patrizia Di Biase-Leone au bout du fil.

Atteinte de démence, sa mère demeurait au CHSLD Herron avant d’être transférée au CHSLD Joseph-François-Perrault à la mi-janvier. Le personnel du nouvel établissement lui administre une dose du vaccin Pfizer le 22 janvier. Or, la femme de 97 ans avait déjà reçu une dose du vaccin Moderna le 7 janvier, avant son départ, explique sa fille.

« Ma mère ne se rappelle même pas de ce qu’elle a mangé pour souper. Elle ne pouvait pas leur dire qu’elle avait déjà reçu le vaccin. Elle ne s’est pas rendu compte de l’erreur », souligne-t-elle.

Le personnel de l’établissement a avisé la famille de la situation vendredi dernier, selon Mme Di Biase-Leone. Elle peine à comprendre qu’une telle erreur soit survenue. Le dossier médical de sa mère indique noir sur blanc qu’un vaccin avait déjà été administré, selon elle.

Elle affirme même avoir été contactée la semaine dernière par un infirmier et lui avoir dit au téléphone que sa mère avait déjà reçu le vaccin. « Il y a eu un manque de vérifications. On ne peut pas revenir en arrière, mais j’espère que ce genre d’erreur n’arrivera plus. »

« Cette situation a été portée à notre attention. Nous sommes présentement en train d’en faire l’évaluation », indique par courriel Valérie Lafleur, du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal.

La porte-parole ajoute ne pas pouvoir commenter davantage pour des raisons de confidentialité envers les usagers.

« Advenant qu’une telle situation se produisait, des processus rigoureux en lien avec l’équipe médicale, l’équipe de santé publique et l’équipe de prévention et de contrôle des infections seraient immédiatement mis en place. Nous serions également en lien avec la famille de l’usager pour les informer rapidement. »

Même si le personnel médical de l’établissement lui dit de ne pas s’inquiéter, Mme Di Biase-Leone craint les effets secondaires de deux produits différents sur la santé de sa mère. « Pour l’instant elle a de légers maux de tête et elle va bien. Mais les deux vaccins n’ont pas été testés ensemble. On ne connaît pas les conséquences. »

On l’a avisé que sa mère recevrait sa deuxième dose du vaccin Moderna dans trois semaines. « Encore là, on ignore les impacts d’être vacciné à trois reprises. »

PHOTO FOURNIE PAR PATRIZIA DI BIASE-LEONE

Antonietta Pollice