(Ottawa) Le gouvernement fédéral annoncera « au cours des prochains jours » des mesures additionnelles afin de décourager les voyages à l’étranger. Le premier ministre Justin Trudeau s’est montré ouvert à la possibilité d’imposer aux voyageurs une quarantaine à l’hôtel à leurs frais, comme le lui a suggéré son homologue québécois, François Legault.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« C’est une possibilité qu’on est en train de regarder », a signalé vendredi en conférence de presse le premier ministre du Canada au sujet de l’option d’obliger les voyageurs qui rentrent d’un séjour à l’étranger à passer deux semaines à l’hôtel à leurs frais.

L’enjeu frontalier était à l’ordre du jour de la 25e conférence téléphonique fédérale-provinciale-territoriale, jeudi. « Comme je l’ai dit aux premiers ministres, on est prêts à prendre des mesures encore plus strictes […] Quand il est question de sécurité, on n’exclut aucune possibilité », a dit M. Trudeau.

Mais déjà, en instaurant des mesures parmi « les plus strictes au monde », dont l’obligation de s’isoler 14 jours à un retour de voyage et celle, plus récente, de présenter un résultat de test négatif avant de monter à bord d’un avion, « il y a maintenant moins de vols », a-t-il souligné.

Un peu plus tard, son ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a affirmé que l’idéal serait d’opter pour des mesures à l’échelle du pays plutôt que pour des règles disparates d’une province à une autre.

Le Conseil des ministres fédéral se penche sur « une série d’options », a-t-il ajouté en promettant que des annonces seraient faites « au cours des prochains jours » et en réitérant qu’Ottawa n’hésiterait pas à annoncer des mesures plus costaudes « à tout moment ».

Son collègue à la Sécurité publique, Bill Blair, a quant à lui exposé que le Canada aimerait s’harmoniser avec les États-Unis. Car avant l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, il y avait « des lacunes » dues au fait que Washington n’avait pas imposé de restrictions sur les vols internationaux, a-t-il soutenu.

Cette semaine, François Legault s’est montré intéressé par le modèle en place en Nouvelle-Zélande, qui oblige les voyageurs à passer deux semaines dans un hôtel à leur arrivée. Dans certains cas, c’est l’État qui assume les coûts, mais pour les voyages d’agrément de courte durée, la facture est refilée aux voyageurs.

Blair semble insatisfait

Depuis l’adoption du décret obligeant les voyageurs à s’isoler à leur retour au Canada, en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine, en mars dernier, les forces policières chargées de le faire respecter ont distribué les contraventions avec plus ou moins de zèle.

Le ministre Blair a semblé leur reprocher, justement, un manque de zèle. « Je sais que les policiers ont été un peu réticents à avoir recours aux outils d’application [de la Loi], mais il est nécessaire de le faire », a-t-il déclaré en conférence de presse virtuelle, vendredi.

Dans les endroits au pays où la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’a pas autorité, la tâche incombe aux forces de policières provinciales ou municipales. « Ils ont tout en main pour les aider à faire respecter les mesures de quarantaine », a argué le ministre et ancien chef de police à Toronto.