Alors qu’on dénombrait 14 détenus atteints de la COVID-19 à l’Établissement de Saint-Jérôme mercredi soir, on en compte maintenant 30 vendredi matin, a confirmé le ministère de la Sécurité publique à La Presse.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Ce sont également maintenant neuf employés qui ont contracté le coronavirus, dont au moins trois agents correctionnels.

Selon nos informations, la quasi-totalité des 30 détenus atteints se trouve dans l’aile de clientèle « moyenne » FE, où l’éclosion a débuté mercredi. En fait, ce serait pratiquement tous les détenus actuellement incarcérés dans cette aile – qui peut en abriter 48 – qui auraient contracté la COVID-19.

Le secteur, qui a été déclaré « zone rouge » par la direction, est actuellement fermé aux déplacements et tous les détenus, atteints ou pas, sont isolés dans leur cellule pour une quarantaine d’au moins 14 jours.

D’après nos renseignements, si un si grand nombre de cas sont apparus soudainement et tardivement en même temps, c’est parce qu’un mot d’ordre aurait circulé parmi les détenus de l’aile FE de ne pas prévenir les autorités si jamais des symptômes de la COVID-19 apparaissaient chez l’un d’eux, tout ça dans le but d’éviter d’être isolé en cellule durant 14 jours.

Mais cela signifie également que plusieurs agents correctionnels ont travaillé dans ce secteur sans savoir que des détenus présentaient des symptômes, et pourraient avoir contaminé des collègues d’autres secteurs de la prison.

La direction a invité tous les agents correctionnels qui ont travaillé dans le secteur FE depuis le 5 janvier, et ceux et celles qui les ont côtoyés, à subir un test de dépistage. Elle a également rappelé à tous les membres du personnel de bien suivre les consignes sanitaires, et aux gardiens de porter obligatoirement en tout temps l’équipement de protection individuelle composé de la visière, des gants, du masque de procédure et de la jaquette.

La contamination actuelle de 30 détenus et prévenus à Saint-Jérôme est l’une des plus importantes apparues dans une prison québécoise depuis le début de la pandémie, il y a dix mois.

Le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec compare la situation, selon l’importance de la population carcérale, avec celle survenue à l’Établissement de Montréal (Bordeaux) lors de la première vague de COVID-19, alors que plus de 80 détenus et prévenus avaient été infectés. (La prison de Saint-Jérôme abrite actuellement 300 détenus et Bordeaux, 950)

D’ailleurs, la COVID-19 a fait une nouvelle apparition ces derniers jours à Bordeaux, où plus d’une dizaine d’employés auraient été déclarés positifs, selon nos informations.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.