La société Pfizer a annoncé que la réduction de ses livraisons de vaccins en Europe ne durerait finalement que dix jours, alors que le Canada prévoit toujours un ralentissement au moins deux fois plus long. Cette nouvelle tombe alors que le Québec franchit la barre des 9000 décès causés par la COVID-19.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Antoine Trussart Antoine Trussart
La Presse

Dans un communiqué publié tard vendredi, Pfizer a annoncé que les livraisons de son vaccin contre la COVID-19 reprendraient leur rythme normal en Europe dès la semaine du 25 janvier, soit deux semaines plus tôt qu’annoncé initialement. Le Canada s’attend toujours à recevoir des quantités réduites pendant les quatre prochaines semaines. Ottawa entend faire pression sur la société pharmaceutique pour accélérer la distribution.

« Nous sommes de nouveau en contact avec les représentants de Pfizer pour réitérer fermement l’importance pour le Canada de revenir à son calendrier de livraison habituel le plus tôt possible, a déclaré sur Twitter Anita Anand, ministre fédérale des Services publics et de l’Approvisionnement. Pfizer nous a assurés qu’elle déploie tous les efforts nécessaires pour y parvenir. »

La société pharmaceutique avait annoncé vendredi matin que ses livraisons seraient ralenties pendant quatre semaines en raison d’un projet d’agrandissement de son usine de Belgique. Un responsable de la campagne de vaccination au Canada, le major-général Dany Fortin, avait alors affirmé que « tous les pays qui obtiennent le vaccin de Pfizer [seraient] affectés de la même manière ».

Le cap des 9000 décès franchi

Avec les 67 nouveaux décès enregistrés, le Québec a atteint samedi le triste seuil des 9000 morts liées à la COVID-19. Au total, 9005 Québécois sont jusqu’ici morts des suites de complications liées au virus.

C’est encore à Montréal qu’on enregistre le plus grand nombre de décès, soit 25. La Montérégie suit avec 15 nouveaux décès. Lanaudière recense 7 décès supplémentaires, alors que la Capitale-Nationale en ajoute 4. L’Estrie, Chaudière-Appalaches et Laval font état de 3 morts et l’Outaouais en déplore 2. Le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et les Laurentides en comptabilisent un de plus.

Selon les nouvelles données du bilan quotidien, 240 970 personnes ont été infectées depuis le début de la crise. De ce nombre, 210 364 sont maintenant considérées comme « rétablies », selon les chiffres du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Le bilan quotidien fait par ailleurs état d’une baisse de 22 hospitalisations par rapport à la veille, soit 125 entrées et 147 sorties ; 227 patients se trouvent toujours aux soins intensifs actuellement, quatre de moins que la veille.

Plusieurs régions demeurent en état d’alerte. Montréal recense à elle seule 958 nouvelles infections, le plus haut sommet à ce chapitre depuis le 9 janvier. Sur la couronne nord, Laval enregistre pour sa part 219 cas supplémentaires, alors que la Montérégie en ajoute 327.

Le nombre de prélèvements effectués demeure stable par rapport à la moyenne sur sept jours. Jeudi, le Québec a en effet réalisé 33 778 tests de dépistage. Vendredi, le nombre d’hospitalisations avait diminué pour la première fois en cinq jours au Québec, avec une baisse de 27. Les autorités ont rapporté vendredi 1918 nouveaux cas de COVID-19 ainsi que 60 décès supplémentaires à l’échelle de la province.

Continuons de limiter nos contacts et de respecter l’ensemble des mesures sanitaires pour faire [baisser] les cas et les hospitalisations. Pour y arriver, on a besoin de la collaboration de tous les Québécois.

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux, sur Twitter

Québec a administré 10 783 doses de vaccins en date de vendredi, portant le total à 137 856 depuis le début de la campagne. Ainsi, 1,62 % de la population québécoise a reçu au moins une dose. Au total, 62 733 personnes ont été vaccinées dans la dernière semaine, soit une moyenne quotidienne de 8962 doses. À cause du ralentissement des livraisons de Pfizer, une diminution de la cadence est toutefois attendue au cours des trois à quatre prochaines semaines.

D’autres urgences à éviter, Legault parle aux élèves

Faisant face « à au moins trois éclosions de COVID-19 », l’hôpital Fleury, à Montréal, recommande à son tour aux résidants d’éviter de se présenter à ses urgences. Dans un communiqué émanant du CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, il est précisé que les travailleurs de la santé déclarés positifs à la COVID-19 ont été placés en isolement préventif. On procède actuellement à des opérations de dépistage.

En conséquence, jusqu’à nouvel ordre, ne seront admises dans les unités de soins que les personnes qui accompagnent un patient en fin de vie, les parents d’une personne mineure et celles qui obtiennent une autorisation spéciale pour motifs humanitaires.

Peu après cette annonce, dans un long message publié sur sa page Facebook, le premier ministre François Legault a imploré samedi les élèves des cégeps et des universités de ne pas relâcher leurs efforts pour respecter les mesures sanitaires. Il soutient que des discussions sont en cours avec la Santé publique pour « permettre plus de présence sur les campus ».

La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, et moi sommes en discussion avec la Santé publique pour voir comment on pourrait permettre plus de présence sur les campus des cégeps et des universités de manière sécuritaire. J’espère pouvoir vous revenir bientôt avec de bonnes nouvelles.

François Legault, premier ministre du Québec

M. Legault se dit toutefois inquiet du fait que la pandémie « a provoqué ou empire des problèmes de santé mentale » chez de nombreux étudiants.

Sur les réseaux sociaux, la présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui réclame entre autres l’établissement d’un seuil minimal en présence pour ses 78 000 membres étudiants, n’a pas tardé à réagir. « On sait que c’est un dossier sur lequel le gouvernement travaille depuis un moment déjà. Ça fait du bien de le voir sortir et d’en parler ouvertement. [En un] sens, je pense que ça rassure », a soutenu Noémie Veilleux. Elle assure que son organisme « continuera de maintenir le dialogue ouvert avec la ministre Danielle McCann afin de discuter du possible retour en classe et des demandes étudiantes ».

Situation fragile en Ontario

Pendant ce temps, l’Ontario a signalé samedi 3056 nouveaux cas de COVID-19 ainsi que 51 nouveaux décès liés au virus. Les hospitalisations liées à la COVID-19 s’élèvent à 1632, avec 397 patients en soins intensifs.

La ministre de la Santé, Christine Elliott, a déclaré que Toronto et les régions voisines de Peel et York continuent d’afficher les taux d’infection les plus élevés de la province. Elle a expliqué que 903 des diagnostics les plus récents avaient été trouvés à Toronto, 639 à Peel et 283 à York.

De plus, la province a révélé qu’elle ralentirait légèrement le rythme de certaines vaccinations contre la COVID-19 en raison du retard d’expédition des doses du fabricant de médicaments Pfizer-BioNTech. Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, David Williams, a souligné que la décision de la société de retarder temporairement les expéditions internationales de vaccins aura probablement un effet sur la province, bien que l’impact total de cette décision ne soit pas encore connu.

À l’échelle nationale, le Canada a aussi dépassé samedi le seuil des 700 000 cas confirmés de COVID-19 depuis le début de la crise.

– avec La Presse Canadienne

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