(Ottawa) Les provinces verront une réduction de 50 % du nombre de doses qu’elles devaient recevoir au cours des prochaines semaines à cause des délais temporaires dans la livraison du vaccin Pfizer-BioNTech annoncés vendredi. Mais le gouvernement Trudeau maintient qu’il sera en mesure de vacciner tous les Canadiens qui le désirent d’ici septembre malgré tout.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Le premier ministre Justin Trudeau a donné cette assurance vendredi en conférence de presse à Rideau Cottage alors que le géant pharmaceutique a informé jeudi soir le gouvernement canadien que l’agrandissement de son usine de production en Europe va entraîner un certain délai dans l’approvisionnement.

« Cette nouvelle n’a pas d’impact sur notre but de vacciner tous les Canadiens qui le désirent d’ici septembre prochain », a soutenu M. Trudeau. « Notre phase d’accélération du deuxième trimestre ne sera pas affectée non plus. C’est une situation indépendante de notre volonté », a dit le premier ministre.

M. Trudeau a souligné que le fait que le Canada dispose d’un vaste portefeuille de vaccins potentiels auprès de plusieurs fabricants fait en sorte en sorte « qu’on a une marge de manœuvre ». « D’ici septembre, vous allez tous pouvoir recevoir votre vaccin », a-t-il aussi indiqué.

Le major général Danny Fortin, qui est le vice-président de la logistique et des opérations à l’Agence de la santé publique du Canada, a indiqué que l’annonce de Pfizer n’aura pas d’impact sur la livraison des doses attendues la semaine prochaine, qui étaient déjà en préparation pour le transport. Mais l’impact sera « significatif » durant la semaine du 25 janvier et les deux premières semaines de février. Durant la semaine du 25 janvier, on ne prévoit recevoir que le quart des doses qui étaient prévues, tandis que la première semaine de février, le Canada devrait recevoir la moitié des doses initialement prévues. Par la suite, on devrait obtenir les deux tiers. Vers la fin février, Pfizer estime être en mesure de combler le retard en augmentant sa production grâce à l’agrandissement de son usine.

Résultat : le Canada devrait obtenir quatre millions de doses du vaccin Pfizer/BioNTech comme prévu d’ici la fin mars, en plus des deux millions de doses du vaccin Moderna.

« Pfizer nous dit que cela va nous affecter pendant les quatre prochaines semaines. Tous les pays qui obtiennent le vaccin de Pfizer seront affectés de la même manière. Tout le monde va devoir composer avec une réduction de 50 % », a indiqué le major général Dany Fortin.

« C’est une bosse sur la route, mais nous allons maintenir notre vitesse de croisière malgré tout. […] Nous maintenons notre cible de vacciner la majorité des Canadiens d’ici septembre ».

Un retard de « deux ou trois semaines »

En matinée, la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Anita Anand, a confirmé que le Canada va connaître des délais temporaires dans la livraison des vaccins Pfizer. Elle a insisté pour dire qu’il s’agit d’un « d’un retard temporaire et pas d’une perte ».

« Les livraisons vont être en retard, peut-être, de deux ou trois semaines, mais pas pour longtemps, pas du tout. Je ne sais pas l’[ampleur exacte] de la réduction, mais […] nous allons avoir cette information, j’espère, aujourd’hui », a-t-elle dit.

Mme Anand a soutenu que Pfizer sera capable de rattraper son retard d’ici la fin du mois de mars et que cette situation n’affectera pas l’objectif du Canada de vacciner l’ensemble de sa population d’ici la fin du mois de septembre.

Elle dit que cette situation est malheureuse, mais qu’elle était à prévoir alors que la chaîne logistique est sous pression à cause de la demande mondiale en vaccins.

Les retards affecteront l’ensemble des pays qui reçoivent des doses de la chaîne de production de Pfizer en Europe, selon la ministre qui a parlé avec la compagnie pharmaceutique jeudi soir.

Mme Anand a fait cette annonce alors que l’Agence de la santé publique du Canada présentait ses plus récentes projections ; il est estimé que le nombre de cas pourrait dépasser 10 000 par jour d’ici le début du mois de février, si les contacts restent au même niveau.

Il s’agit environ du même nombre qui était prévu lors de la dernière projection de la santé publique pour le début du mois de janvier. Or, le Canada a plutôt vu 7900 cas en moyenne dans les sept derniers jours.

Les provinces les plus affectées par la hausse des cas ont récemment mis en œuvre des mesures plus strictes. Québec a mis en place un couvre-feu à compter de 20 h tous les jours ; l’Ontario a donné un ordre de rester à la maison.

Les administrateurs de la santé publique ont réitéré, dans leur présentation, que « des mesures rapides, fortes et soutenues sont nécessaires pour interrompre la croissance rapide et maintenir le contrôle de la COVID-19 ».

Ils soutiennent que les contacts ont augmenté pendant la période des Fêtes et qu’il faudra attendre encore un peu avant de voir l’effet des mesures plus strictes du Québec et de l’Ontario sur le nombre de cas.

– Avec La Presse Canadienne