Frappée par une éclosion de cas de COVID-19, la communauté des personnes itinérantes de Montréal est visée par une campagne de vaccination qui se mettra en branle dans les prochains jours.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

« On va commencer pour un groupe très restreint », a annoncé la directrice régionale de santé publique de Montréal, Mylène Drouin, lors d’un point de presse mercredi après-midi.

Un premier lot de 560 doses sera réservé à la population itinérante considérée comme « prioritaire » dans huit milieux où des éclosions ont eu lieu. Mais le nombre de doses pourrait dépasser 2000, a indiqué la Dre Drouin. On prévoit aussi vacciner des employés des organismes communautaires qui travaillent auprès des sans-abri.

Depuis le début du mois de décembre, 114 cas de COVID-19 ont été détectés chez les personnes en situation d’itinérance à Montréal, et 58 parmi les travailleurs de ce secteur, pour un total de 172 cas.

Nous sommes actuellement en enquête épidémiologique, nous avons mis en place un plan d’intervention d’urgence pour contrôler cette éclosion. Ce sont des éclosions qui sont difficiles à contrôler de par le contexte de vie de ces personnes-là, qui sont très mobiles, qui vont parfois d’un centre à l’autre.

Mylène Drouin, directrice régionale de santé publique de Montréal

La Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal prévoit par ailleurs faire plus de dépistage dans les centres pour itinérants.

Son plan d’intervention inclut également l’ajout de nouvelles places dans l’ancien l’hôpital Royal Victoria, maintenant devenu un refuge pour sans-abri atteints de la COVID-19 ou en attente d’un diagnostic.

« Une santé plus précaire »

Les organismes d’aide aux itinérants, qui demandaient depuis quelques jours que cette population soit vaccinée en priorité, se réjouissent de l’annonce de la DRSP, mais soulignent au passage que le nombre de sans-abri à Montréal est estimé à 6000.

« Le problème de l’annonce d’aujourd’hui, c’est que ce n’est pas dans une optique d’immunisation de la population itinérante, mais pour le contrôle d’une éclosion qu’ils ne sont plus capables de contrôler autrement », note Mariana Racine-Mendez, organisatrice communautaire au Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), qui regroupe 112 organismes.

« Ils vont cibler certains milieux, mais les personnes itinérantes se déplacent, ajoute-t-elle. Ce sont souvent des gens qui ont une santé plus précaire et qui sont dans des hébergements collectifs, ce qui favorise la propagation du virus. »