Les parcs bondés sont devenus chose commune depuis le début de cette pandémie, mais le phénomène s’amplifie depuis l’annonce du couvre-feu entamé samedi. Des hordes de familles en quête d’une bouffée d’air frais ont pris d’assaut les sentiers enneigés au cours du week-end à Montréal et aux alentours.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

La popularité du parc du Domaine Vert, à Mirabel, se confirme avant même d’y entrer. Dimanche après-midi, une longue file de voitures serpentait à l’entrée du centre de plein air.

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Vue du stationnement bondé du parc du Domaine Vert, dimanche

Il fallait aussi s’armer de patience une fois rendu au stationnement. « Nous recevons actuellement beaucoup de monde, et tous les stationnements sont complets. Nous évaluons la situation régulièrement. On vous demande pour la sécurité de tous et par respect des résidants de ne pas vous stationner et attendre sur la Montée Ste-Marianne. Vous devez circuler ! », a signalé l’administration du parc dimanche sur sa page Facebook.

L’endroit est achalandé depuis quelques mois, mais on remarque un intérêt accru depuis une semaine, confirment les employés sur place.

« Le couvre-feu, c’est plate pour tout le monde. Mais ça nous pousse à aller plus dehors. Entre ça et le télétravail chaque jour… », lâche Claudie Forget, qui visitait le parc du Domaine Vert pour la première fois.

Je suis déjà plus à l’extérieur que l’hiver passé. Le couvre-feu rajoute une couche, ça m’incite vraiment à sortir en nature pour profiter de ma journée.

Andréa Cocullo

Les glissades et les aires de jeux pour enfants sont fermées. Mais pourtant, le terrain aux vastes sentiers bordés de conifères accueille de nombreux marcheurs et skieurs.

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Jean-Christophe Neuwerth apprend le patin à sa cadette au parc du Domaine Vert.

« Je suis venu samedi aussi. Il y avait encore plus de monde », remarque Jean-Christophe Neuwerth, qui s’est donné pour mission d’apprendre le patin à sa cadette. Les parcs sont bondés chaque week-end depuis des mois, ajoute l’homme de Blainville. « La pandémie, le resserrement graduel des mesures sont des incitatifs à sortir en plein air. C’est notre seule échappatoire. »

« Le parc, c’est rendu notre jardin »

Le parc Jarry, à Montréal, était tout aussi animé dimanche après-midi. Des groupes d’enfants enjoués osaient des manœuvres risquées en luge, alors que d’autres patinaient sur l’étang glacé.

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Glissade au parc Jarry, à Montréal

Sortir glisser avec les enfants : premier réflexe de Christophe Roberge, encabané depuis l’automne, confinement oblige. « Ça [le couvre-feu] ne nous laisse pas le choix de profiter de cet hiver la journée, de se dégourdir les jambes… et d’éloigner les enfants des écrans qui dominent leur quotidien depuis des mois », s’exaspère le père de famille rosepatrien.

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Des patineurs profitant de l’étang glacé du parc Jarry, dimanche

« Le parc, c’est rendu notre jardin », résume Antonio Trejo, venu profiter de la journée avec ses trois bambins souriants emmitouflés dans leurs habits de neige, les joues rougies par le froid. Ses dépenses allaient jadis dans les restaurants et les voyages, maintenant, c’est dans les raquettes et les bottes de ski, renchérit-il.

On va au parc deux fois par jour, parfois trois. On vient s’évader et faire de l’exercice.

Antonio Trejo

Le Centre de la nature, à Laval, est également fort populaire.

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Glissade au Centre de la nature, à Laval

Pour y glisser sur les pentes, on doit réserver en ligne deux jours à l’avance. « Les réservations débutent à midi. Deux minutes après, c’est parfois déjà complet », explique une mère de famille.

Une dizaine de familles n’étaient pas au courant de cette réglementation et sont reparties bredouille.

« Ça me fâche un peu, mais bon, on va prendre une marche », explique Marc, venu de Saint-Eustache avec ses filles.