(Montréal) Les enseignants et les directions d’écoles accueillent favorablement la décision de Québec de rouvrir les écoles, mais attendent de pied ferme le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge qui doit donner un point de presse vendredi.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Les écoles primaires rouvriront dès lundi prochain, tandis que les élèves du secondaire rentreront en classe le 18 janvier. Le masque sera obligatoire en classe à compter de la 5e année. Québec fournira deux masques de procédure par jour aux élèves et aux enseignants du secondaire.

« Les enseignants nous avaient dit qu’ils préfèrent avoir les élèves en classe plutôt qu’à distance », a expliqué la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini. « Pour nous, le point de presse de vendredi est très important. On veut entendre parler de qualité de l’air et de la pression qu’il faut enlever sur le dos des élèves. On vit une année exceptionnelle, ça prendra des évaluations exceptionnelles », a-t-elle poursuivi.

Le premier ministre François Legault a expliqué mercredi que son ministre de l’Éducation fera le point dans deux jours. Lors de ce point de presse, il sera question de l’aération dans les écoles, jugée déficiente par plusieurs.

« C’est bien beau d’assurer des masques pour tout le monde, mais les scientifiques ont démontré que le virus se transmet principalement par aérosols. Il est donc essentiel que le gouvernement prenne sans tarder des mesures pour connaître la situation de la qualité de l’air dans tous les établissements scolaires et pour l’améliorer, le cas échéant », a déclaré par voie de communiqué Sonia Éthier, la présidente de la CSQ.

Jean-François Roberge abordera également les questions du tutorat pour les élèves en difficulté, de la « réorganisation scolaire », mais aussi de la santé mentale des jeunes.

Entre autres demandes du milieu scolaire, la Fédération des établissements d’enseignement privés souhaite que la pondération du premier bulletin de l’année soit revue à la baisse.

« L’élève qui est en échec au 1er bulletin risque de se décourager si, malgré tous ses efforts, il a peu de chance de réussir son année. En réduisant la pondération du premier bulletin, on lui donne plus de marge de manœuvre pour se reprendre et cela augmenterait sa motivation scolaire », a déclaré David Bowles.

Le Regroupement des comités de parents autonomes du Québec, qui représente notamment les parents de Montréal et de Laval, demande pour sa part que les examens du ministère soient annulés cette année, comme ils l’ont été l’an dernier.

« Sage décision », disent les directions d’écoles

La Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement et l’Association montréalaise des directions d’établissements scolaires ont également salué l’annonce de Québec.

« C’est une excellente nouvelle. On était prêts à ajouter certaines mesures sanitaires pour s’assurer du retour des élèves le plus tôt possible, pour que les élèves soient à l’école pour leur réussite », a dit à La Presse Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.

« Nous avons appris à gérer nos écoles avec la pandémie de façon sécuritaire depuis les derniers mois et nous sommes en mesure de continuer à le faire en resserrant les mesures comme recommandé par la santé publique. Pour la réussite éducative, la santé mentale et la protection des enfants vulnérables, c’est la bonne chose à faire », a déclaré par voie de communiqué Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissements scolaires.