(Ottawa) La présidente de l’Association médicale de l’Ontario affirme que le risque que pose la COVID-19 pour les femmes enceintes et allaitantes est plus important que le risque de recevoir un vaccin contre le virus qui cause la maladie.

Mia Rabson
La Presse Canadienne

La docteure Samantha Hill, une chirurgienne cardiaque de Toronto, craint que les femmes enceintes soient dissuadées à se faire vacciner puisqu’aucune femme enceinte ou allaitante n’a été incluse dans les essais cliniques.

Elle fait écho aux préoccupations soulevées le mois dernier par la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) et qui ont été réitérées mardi dans une déclaration de la Société ontarienne des obstétriciens et gynécologues.

Tous disent que les femmes enceintes ou allaitantes pourraient courir un risque plus important de maladie grave si elles contractaient la COVID-19, et – surtout dans le cas de femmes qui sont particulièrement exposées au virus – les risques de ne pas se faire vacciner l’emportent sur les risques inconnus de se faire vacciner.

La docteure Hill, qui allaite encore son dernier enfant, dit qu’elle n’hésitera pas à se faire vacciner quand son tour viendra. Elle ajoute qu’elle recevrait aussi le vaccin si elle était enceinte.

Elle souligne que la grossesse affecte déjà le système immunitaire et le système vasculaire du corps, et que la COVID-19 pourrait représenter un grand risque pour les femmes enceintes et leur fœtus.

« Nous n’avons pas le choix de vivre dans une société sans la COVID, a soutenu la docteure Hill en entrevue avec La Presse Canadienne. Nous avons le choix d’accepter le risque du vaccin, ou d’accepter le risque de la COVID et le risque du vaccin me semble certainement beaucoup plus faible que le risque de la COVID. »

Les statistiques indiquent qu’entre 8 et 11 % des femmes enceintes qui ont contracté la COVID-19 se sont retrouvées à l’hôpital, et que de 2 à 4 % d’entre elles ont eu besoin de soins intensifs. Cela se compare à environ 8 % de tous les patients atteints de la COVID qui ont dû être hospitalisés, dont environ 1,5 % ont été admis aux soins intensifs.

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada affirme que les femmes enceintes atteintes de la COVID-19 ont un risque accru de devoir être placées sous respirateur par rapport aux autres femmes du même âge. Et le risque de maladie grave est plus élevé pour les femmes enceintes qui présentent d’autres facteurs de risque, notamment l’asthme, l’obésité, le diabète non lié à la grossesse, l’hypertension artérielle ou les maladies cardiaques.

Les femmes sont surreprésentées dans plusieurs des professions les plus exposées à la COVID-19, dont celles dans le secteur de la santé.

En décembre, le Comité consultatif national de l’immunisation a recommandé de ne pas administrer le vaccin à des populations qui n’ont pas été incluses dans les essais cliniques, à moins que les avantages d’être vaccinés ne soient jugés supérieurs au risque du vaccin.

La docteure Hill dit que les femmes enceintes et allaitantes ne font jamais partie des essais cliniques de nouveaux médicaments ou vaccins, tant que les risques pour les personnes non enceintes ne sont pas connus.

Mais elle souligne que 12 femmes qui ont reçu le vaccin de Pfizer-BioNTech pendant les essais cliniques de phase trois ont signalé qu’elles étaient enceintes et n’ont subi aucun effet indésirable lié au vaccin.

La SOGC reconnaît que les risques de la vaccination sur les femmes enceintes demeurent inconnus pour l’instant.

« Ce que l’on sait toutefois, c’est que, comparativement à une personne non enceinte, la personne enceinte non vaccinée demeure exposée à risque de contracter le SARS-CoV-2 et présente un risque accru de morbidité grave en cas d’infection », a écrit la société dans une déclaration.

« Une infection sévère au virus causant la COVID-19 comporte des risques pour la santé de la mère et du fœtus. »