Pas question de se laisser démoraliser par la possibilité d’un confinement prolongé ni de rester cloîtrés en attendant le printemps. Si certains Montréalais ont décidé de s’envoler vers le Sud, d’autres citadins préfèrent dévaler les montagnes de neige au parc ou s’évader sur la patinoire.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Au parc du Mont-Royal, dans le secteur du lac aux Castors, ils étaient nombreux à se promener en raquettes sous les fous rires d’enfants qui glissaient maladroitement sur leur luge.

Camil Kadri s’attend à une prolongation des restrictions au-delà du 11 janvier. « Mais il y a pire que ça. D’habitude, je vais dans le Sud, mais pas cette année avec la pandémie. Je n’en veux pas non plus à ceux qui y vont ; il faut vivre et laisser vivre. »

Température clémente, ciel ensoleillé et neige à profusion : aucune raison de passer l’hiver à se morfondre, selon M. Kadri, qui continue à apprivoiser la saison froide. « Je reste quand même frileux. Je n’aimais pas l’hiver avant. »

Non loin du sentier de marche, une file d’environ 200 visiteurs serpentait autour de la patinoire, d’une capacité limitée à 50 personnes.

Mieux vaut s’habituer aux longues marches hivernales, car le confinement durera encore plusieurs semaines, selon Luc Lapointe. « Je vois mal comment on pourrait reprendre le 11 janvier, mais je n’appréhende pas ça. Il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur et faire face à la crise. »

Plutôt d’accord avec son conjoint, Elsie Provencher redécouvre la beauté de l’hiver lors de ses balades quotidiennes au parc. « On serait probablement partis au soleil en ce moment. Mais là, on n’est même pas censés se déplacer d’une région à l’autre. Alors dans le Sud… »

Difficile de parler d’autre chose que la pandémie ou les touristes dans le Sud pour Nicole Lamy, Manon Bouchard et Brigitte de Margerie, trois amies de longue date aux sourires contagieux.

« J’aime mieux faire du ski que d’aller dans le Sud. Mais les gens ont eu la permission de voyager. Je ne suis pas dans l’animosité », explique Mme Lamy.

Mme Bouchard s’est résignée à faire du télétravail jusqu’au printemps. « Ce n’est pas idéal, mais on voit les cas augmenter comme tout le monde et on comprend. On prend ça avec philosophie. »

« On a le devoir de limiter nos contacts. C’est sûr qu’en ville, c’est plus difficile, le confinement. Mettons qu’on a fait le tour de tous les parcs à Montréal », s’amuse Mme de Margerie. Malgré sa patience et sa sagesse, la Montréalaise de 60 ans commence à trouver le temps long. « On sait que ça va se poursuivre après le 11 janvier. On connaît la technique maintenant de prolonger les pauses. Mais c’est dur de se priver et de voir que les cas augmentent. Il doit y avoir quelqu’un là-dedans qui ne fait pas ses devoirs. »