Malgré une certaine accalmie dans les urgences samedi, la situation dans les hôpitaux de la grande région de Montréal demeure préoccupante. Leur capacité dans les unités de soins intensifs est au point de saturation. Une semaine difficile pourrait signifier le report de certaines opérations.

Antoine Trussart Antoine Trussart
La Presse

La capacité des unités de soins intensifs du Grand Montréal inquiète le DGilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec (ASMUQ). « Samedi, la région de Montréal était complètement saturée », explique-t-il.

Il craint l’arrivée des cas de COVID-19 qui auront circulé durant le temps des Fêtes. « L’histoire nous dit qu’il y a beaucoup de patients qui ont réveillonné ensemble. Tout le monde pense être l’exception et ne pas être à risque. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le DGilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec

On a fait de petits miracles ces derniers temps, mais les prochaines semaines risquent d’être difficiles.

Le DGilbert Boucher

Dans les unités de soins intensifs, les lits sont répartis en deux bassins : l’un pour les patients atteints de la COVID-19 et l’autre pour les autres patients. Dans le Grand Montréal, le bassin réservé aux patients COVID est plein.

Pour augmenter la capacité de traitement des patients atteints de la COVID-19 aux soins intensifs, des lits de soins ordinaires peuvent être attribués à des patients COVID, ce qui entraîne alors du délestage. « Il reste beaucoup de lits, c’est juste que leur libération va entraîner l’annulation d’opération de chirurgie », note le DBoucher.

Une autre option consiste à transporter des patients vers des régions moins touchées et qui ont des lits disponibles. De tels transferts ont eu lieu durant la première vague, mais n’ont pas encore été nécessaires durant la deuxième, explique-t-il.

Relative accalmie dans les urgences

« C’était relativement tranquille dans les hôpitaux [samedi]. La tempête nous a donné une journée pour vider nos urgences », constate Gilbert Boucher, qui travaille aux urgences de l’Institut de cardiologie de Montréal et à celles du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

Cette accalmie fait suite à « trois ou quatre jours extrêmement intenses, raconte le DBoucher. On a peur que ça recommence quand la tempête va être finie ».

Les effets de la pandémie se font surtout sentir dans les urgences de la grande région de Montréal depuis quelques semaines, alors que la situation est moins inquiétante ailleurs, selon Gilbert Boucher.

De nombreux hôpitaux de Montréal étaient tout de même occupés au-dessus de 100 % samedi. C’est le cas notamment du CHUM (104 %), de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont (141 %), de l’Hôpital général juif (132 %) et de l’hôpital du Lakeshore (106 %).

Dans la couronne nord, la situation était difficile à l’hôpital Pierre-Legardeur, à Repentigny (114 %), au Centre hospitalier régional de Lanaudière (142 %) et à l’hôpital de Saint-Eustache (131 %).

Sur la Rive-Sud, la capacité des urgences était dépassée à l’hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil (160 %), et à l’hôpital Anna-Laberge, à Châteauguay (147 %).

Jeudi, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) a publié un avis avertissant que le débordement des hôpitaux de Montréal et de ses environs était « probable » d’ici trois semaines.