(Québec) Des syndicats du secteur de l’enseignement veulent savoir exactement combien de cas de COVID-19 ont été répertoriés dans les écoles, près de deux semaines après leur réouverture.

Caroline Plante
La Presse canadienne

Ils réclament un état de situation, au moment où le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, affirme ne pas posséder de données pour chaque région.

Les médias ont recensé ces derniers jours six cas de COVID-19 dans des écoles en Mauricie, dans Lanaudière, au Saguenay–Lac-Saint-Jean et en Gaspésie.

Interrogé à ce sujet jeudi, le Dr Arruda a déclaré qu’il y avait probablement des cas de coronavirus dans les écoles, mais qu’aucune « situation problématique » ne lui avait été rapportée.

S’il y avait eu des cas d’élèves ou d’enseignants hospitalisés, on l’aurait avisé, a-t-il ajouté. De son côté, le premier ministre François Legault s’est limité à dire que la rentrée était à son avis un « vrai succès ».

Cette information parcellaire n’a pas satisfait la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) ni la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui réclament un portrait d’ensemble clair.

Les autorités ont la responsabilité de fournir à la population des données, de manière transparente, surtout que la santé publique s’est engagée à suivre la situation de très près au quotidien, estime le président de la FAE, Sylvain Mallette.

« Le premier ministre a une obligation à l’endroit des Québécois de dire : voici l’état de situation dans les écoles que j’ai décidé de rouvrir. Il a aussi à faire la démonstration que le choix politique qu’il a fait était le bon », a déclaré M. Mallette en entrevue jeudi soir.

« Transmettre ce type d’information-là, ça permet de valider le choix politique qui était le sien, mais ça permet aussi de rassurer la population, ceux qui travaillent dans les écoles publiques et ceux qui y vont », a-t-il renchéri.

Le ministère de l’Éducation n’avait pas encore confirmé le nombre de cas de COVID-19 dans les écoles du Québec au moment de publier jeudi.

« Ça ne m’étonne pas, a affirmé pour sa part la présidente de la FSE-CSQ, Josée Scalabrini. Est-ce qu’au quotidien on a les chiffres en santé ? […] On a vécu des grandes détresses et des choses qui n’auraient jamais dû survenir dans nos CHSLD, pourtant c’est arrivé, et on n’a même pas encore les données claires. »

La dirigeante syndicale s’est dite « convaincue » en entrevue qu’il y aura de plus en plus de cas de COVID-19 dans les écoles. « À ce moment-là, est-ce qu’il sera important qu’au niveau national on ait ces données-là ? Oui », tranche-t-elle, en exhortant le gouvernement à « donner l’heure juste à la population » afin de la « rassurer ».