(Ottawa) Justin Trudeau dit trouver «intéressante» la proposition faite sur Twitter par Donald Trump d'inviter ses partenaires du G7 à Camp David en juin pour un sommet en personne.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

«C'est une idée intéressante», a offert le premier ministre en conférence de presse, mercredi. «On va regarder ce que les Américains sont en train de proposer [...]», a-t-il ajouté en réaction à l'invitation lancée par le président des États-Unis.

«Il faut souligner l'importance du G7, l'importance des rencontres des pays pour pouvoir contrer la crise, pour pouvoir parler de la restauration de l'économie globale, donc c'est important qu'on ait une rencontre; on a déjà eu une rencontre virtuelle il y a quelques semaines et c'est important qu'on en ait une autre, d'une façon ou d'une autre, au mois de juin», a-t-il soutenu.

En revanche, il voudra en savoir davantage sur les mesures sanitaires qui seraient prises. «On va regarder quelles seront les conditions de santé qu'on devrait suivre», a souligné le premier ministre devant sa demeure de Rideau Cottage, d'où il continue d'exercer ses fonctions la majeure partie du temps depuis le début de la crise.

Le président américain, on le sait, tape du pied et espère repartir la machine économique plus tôt que tard. La diplomatie aussi, selon ce qu'il a signalé sur Twitter environ une heure avant l'allocution de son homologue canadien.

«Maintenant que notre Pays «est en transition pour revenir à la Grandeur», j'envisage de reprogrammer le G7, à la même date ou à une date similaire, à Washington, D.C., au légendaire Camp David. Les autres [États] membres préparent aussi leur RETOUR. Ce serait un bon signal pour tous - la normalisation!», a signifié Donald Trump sur Twitter.

La frontière canado-américaine est fermée au moins jusqu'au 21 juin prochain aux déplacements non essentiels, en vertu de l'entente intervenue le 21 mars dernier, qui a donc été prolongée pour une seconde fois.

Le masque non médical recommandé

Le gouvernement fédéral emboîte le pas à plusieurs gouvernements provinciaux, dont le Québec, concernant le port du masque: il est était dorénavant recommandé, a annoncé en conférence de presse, l'administratrice en chef de l'Agence de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam.

On devrait se couvrir le visage à l'aide d'un couvre-visage non médical dans des situations où la distanciation physique n'est pas possible. C'est d'ailleurs ce qu'a dit avoir l'intention de faire Justin Trudeau.

Aide au loyer

Le premier ministre Justin Trudeau a consacré son allocution du jour à programme d’aide d’urgence pour le loyer de petites entreprises, dont le processus d'application se précisera le 25 mai prochain. L’argent viendra « peu de temps après », a-t-il affirmé.

Le programme prévoit que les propriétaires pourront recevoir un prêt-subvention pour réduire de 75 % le loyer des petites entreprises qui louent dans leur immeuble et qui ont perdu la majorité de leurs revenus, a précisé le premier ministre.

« Vous allez recevoir du soutien peu de temps après », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse quotidienne à Rideau Cottage, mercredi.

De pair avec les provinces et territoires, le fédéral couvrira 50 % du loyer. Ottawa « demande aux propriétaires d’immeubles de couvrir 25 % », a noté Justin Trudeau. Le reste sera payé par les locataires, qui peuvent se prévaloir de programmes comme le Compte d’urgence pour les entreprises.

Cette mesure, appelée l’Aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC), est attendue avec impatience par les propriétaires de petites entreprises. Elle a été annoncée par le premier ministre le 25 avril dernier.

« Pour les plus gros détaillants, on est en train d’élaborer une nouvelle mesure de soutien et on aura plus de détails bientôt. Ensemble, on peut protéger les emplois et agir pour que notre économie revienne en force. Et ça, c’est bon pour tout le monde », a-t-il argué.

Encore des négociations sur le retour du Parlement

La Chambre des communes siège en personne mercredi, avec un nombre restreint de députés, en vertu de l’entente intervenue entre partis, laquelle vient à échéance le 25 mai. Les partis sont actuellement en négociation pour déterminer quelle sera la suite des choses. Les conservateurs réclament toujours que les députés débattent de vive voix au moins trois jours par semaine dans l’enceinte.

Dans cette lutte, le gouvernement libéral vient de perdre l’appui du Bloc québécois. Le chef Yves-François Blanchet estime dorénavant que si l’on peut converger sur la colline une fois par semaine, comme c’est actuellement le cas, on peut aussi bien le faire trois fois par semaine. Il explique notamment ce changement de cap par le fait que le déconfinement se met en branle dans plusieurs provinces.