(Québec) Pour une deuxième journée consécutive, les nouvelles sont encourageantes au Québec alors que le nombre de décès progresse de façon plus modérée. Ce sont 51 nouveaux décès qui s’ajoutent mardi au bilan québécois, qui atteint maintenant 3647 morts. Le premier ministre s'est aussi dit déçu de la manifestation organisée par la FIQ devant le Parlement, invitant plutôt les syndicats à travailler en collaboration avec le gouvernement.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

On compte 44 197 cas déclarés à la COVID-19 (+570). Quelque 1784 personnes sont hospitalisées (+13), dont 183 aux soins intensifs (+1). Au moins 12 500 personnes sont par ailleurs guéries.

« En général, ce sont de bonnes nouvelles. D'abord, [on a] le plus bas total de nouveaux cas depuis le 11 avril dernier. La situation dans les hôpitaux continue d'être stable, puis le nombre de décès continue d'être en baisse par rapport aux semaines précédentes », a fait valoir le premier ministre François Legault lors de son traditionnel point de presse à Québec.

Lundi, le Québec a enregistré sa plus faible progression du nombre de morts avec une hausse de 34 décès. Il s’agit du plus bas niveau de décès depuis le 12 avril dernier, se réjouissait M. Legault.

Quelque 145 travailleurs de la santé sont revenus en poste, a aussi confirmé M. Legault. « Il y a encore du travail à faire », a-t-il prévenu, faisant allusion au problème de pénurie de main-d'oeuvre dans le réseau. À ce sujet, il avait un message à lancer à la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) du Québec dont les membres manifestaient devant le Parlement mardi.

« Je veux dire quelques mots sur le syndicat de la FIQ. Tantôt, devant nos bureaux, le syndicat a fait une manifestation. Évidemment, ça me déçoit. La principale revendication de la FIQ, c'est d'augmenter les ratios, d'augmenter le nombre d'infirmières. Ce qu'il faut comprendre, c'est que depuis qu'on est au gouvernement, on a beaucoup augmenté le nombre de postes », a expliqué M. Legault.

« Malheureusement, beaucoup de postes n'ont pas été comblés. Donc, c'est un peu théorique de dire qu'il faudrait encore augmenter le nombre de postes alors que les postes affichés ne sont pas comblés. Je comprends leur revendication, mais il faut d'abord reconnaitre [ceci] », a-t-il ajouté, rappelant que son gouvernement négocie avec les syndicats pour augmenter le salaire des préposés aux bénéficiaires, notamment.

« Trouver ensemble des solutions »

Il a également rappelé l'octroi de primes temporaires liées à la pandémie, entre autres pour le personnel infirmier. « On est ouvert à discuter pour avoir ces primes d’une façon permanente », a-t-il précisé.

« Il faut essayer de trouver ensemble des solutions. Des solutions pour que notre réseau fonctionne », a assuré M. Legault. « Je pense que ça devrait se faire à la table plutôt que dans des manifestations devant mon bureau », a-t-il ajouté.

« Je veux dire aux infirmières que je suis très conscient que les conditions sont difficiles. On ne peut pas travailler avec 10 000 employés nouveaux (embauchés pour la pandémie), pas nécessairement qualifiés, des milliers de postes non comblés, 10 000 personnes du réseau qui sont en congé de maladie ou en congé toujours. C'est clair que, pour les infirmières qui restent, c'est très difficile », a admis M. Legault.

Ouvert à une enquête

Le premier ministre Legault n'exclut pas la possibilité de tenir une commission d'enquête, à l'instar du gouvernement Ford, pour faire la lumière sur la crise de la COVID-19 en CHSLD. « Oui absolument, je l'ai déjà dit », a répondu mardi M. Legault, interrogé sur la décision de son vis-à-vis ontarien de tenir une commission d'enquête indépendante sur les soins de longue durée.

« Ce que je note, c'est que Doug Ford a annoncé une commission d'enquête qui ne serait pas publique dont les travaux commenceraient seulement au mois de septembre. Nous, on est en train de réfléchir. Je l'ai dit, une fois qu'on va être en contrôle de la crise [...] on n'exclut rien. On va trouver une manière d'aller au fond des choses, voir ce qui est arrivé, mais sans non plus perdre du temps, parce qu'il y a des solutions qu'on connaît déjà, qu'on veut appliquer au cours des prochains mois », a-t-il indiqué.

Interrogé en anglais sur le même sujet, M. Legault a précisé qu'il préférait « prendre quelques semaines supplémentaires » pour prendre « la bonne décision » et avoir « une annonce qui placerait tous les détails sur la table ». L'Ontario compte quelque 1115 décès liés à la COVID-19 dans des établissements de soins de longue durée. Au Québec, on dénombre 2336 décès en CHSLD seulement.

Appel à la prudence

Malgré les nouvelles encourageantes, le premier ministre Legault a bien indiqué que la bataille n'est pas terminée. Il soutient que son gouvernement n'hésiterait pas à remettre le Québec sur pause si la situation devait s'aggraver. « On reprend tranquillement le contrôle, mais la partie n’est pas gagnée […] Le virus continue de rôder », a-t-il dit. Il a réitéré l'importance de suivre les consignes sanitaires en place, comme la distanciation sociale et le lavage des mains. Le port du masque est toujours fortement recommandé.

Le déconfinement des commerces dans le Grand Montréal est prévu pour le 25 mai prochain.

Coiffure : bientôt un plan de déconfinement

Par ailleurs, tous ceux qui se désolent devant leur miroir, impuissants à dompter leur tignasse hirsute, seront heureux d’apprendre qu’ils pourront bientôt renouer avec l’habitude de prendre rendez-vous chez le coiffeur.

Le plan de réouverture de divers services personnels, dont les salons de coiffure et les services de massothérapie, devrait être annoncé « dans les prochains jours », a indiqué François Legault.

Parents et enfants souriront en attendant de prendre connaissance du plan destiné aux camps de jour, qui devrait aussi être rendu public cette semaine.

De même, les Québécois confinés depuis deux mois auront hâte de découvrir le calendrier prévoyant une certaine ouverture aux rassemblements, totalement proscrits depuis le début de la pandémie. Il devrait aussi être connu sous peu.

« Je vous demande d’être patients. On travaille là-dessus », a commenté le premier ministre, rendu à l’étape du déconfinement progressif de l’économie.

- Avec La Presse canadienne