(Ottawa) Voyant son leadership intérimaire critiqué, Andrew Scheer signale qu’il s’accrochera à la barre du navire conservateur pour les trois prochains mois plutôt que de l’abandonner, comme l’a réclamé une influente stratège conservatrice au courant de la fin de semaine.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Le chef par intérim du Parti conservateur, qui cédera les rênes de la formation dans environ trois mois, s’est attiré les foudres de Jenni Byrne, ex-bras droit du premier ministre Stephen Harper, après avoir déclaré sur les ondes de CTV qu’il avait finalement choisi de mettre fin au processus de renonciation à sa citoyenneté américaine – qui lui avait nui pendant la dernière campagne électorale.

« Les membres du caucus conservateur doivent faire maintenant ce qu’ils n’ont pas fait en décembre [lors du vote sur les suites du leadership après la démission d’Andrew Scheer], et mettre en place un leader intérimaire pour trois mois », a-t-elle écrit sur Twitter dimanche, avec un lien menant vers l’entrevue qu’a accordée Andrew Scheer à l’émission Question Period, et dans laquelle il laisse tomber qu’il a abandonné le projet de dire non à sa citoyenneté américaine.

« Le caucus m’a donné un vote de confiance pour rester en place pendant la course à la chefferie, et je peux offrir de la stabilité pendant cette course […] et je suis confiant que le prochain chef va avoir un caucus uni, concentré, dynamique », a-t-il déclaré en conférence de presse au parlement, mardi matin.

Quatre candidats briguent la chefferie : l’ancien ministre Peter MacKay, le député et ancien ministre Erin O’Toole, le député Derek Sloane ainsi que l’avocate torontoise Leslyn Lewis. Les deux premiers sont considérés favoris, tandis que les deux derniers, de la frange droite sociale du parti, sont à la traîne dans les sondages.

Le leader intérimaire conservateur a tenu ces propos en conférence de presse à Ottawa pour réclamer le retour d’un nombre restreint de députés le 25 mai prochain. Les troupes conservatrices, sous sa houlette, réclament que le Parlement recommence à siéger en personne, une avenue qui n’intéresse aucun des autres partis fédéraux.

Il a accusé Justin Trudeau de vouloir « remplacer de façon permanente » les échanges entre députés pas des conférences de presse, car il veut un « auditoire » et non pas « une opposition ». Il ne voit pas pourquoi les députés ne peuvent revenir sur la colline – en nombre restreint, et dans le respect des directives de la santé publique – alors que des commerces rouvrent leurs portes.

« Si je peux apporter mon chien chez un toiletteur ici en Ontario, les élus devraient certainement pouvoir revenir au boulot », a-t-il illustré.