Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) prolonge l’application de la clause de l’état d’urgence contenue dans la convention collective des policiers et policières pour continuer de lutter le plus efficacement possible contre la pandémie de coronavirus, a appris La Presse.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Cette clause permet à l’employeur de modifier les horaires de travail de façon à avoir sur le terrain une masse critique suffisante d’effectifs pour répondre aux appels, tout en diminuant les risques pour les policiers de contracter le coronavirus.

« La situation, on la connaît actuellement à Montréal. La pandémie n’est pas finie. Il y a encore des éclosions et on a toujours la même préoccupation, protéger notre personnel et avoir la capacité maximale d’offrir un service », a déclaré à La Presse le directeur du SPVM, Sylvain Caron.

La première fois que l’article 12 de la convention collective des policiers du SPVM a été appliqué dans la cadre de la lutte à la pandémie de COVID-19, c’est le 22 mars dernier. La clause est donc reconduite au bout d’environ 35 jours.

Sur cette période, les policiers travaillent durant 14 jours, sur des quarts de travail de 12 heures, et sont en congé durant 21 jours, de façon à éviter que trop de policières ou policiers soient exposés à la COVID-19.

28 policiers infectés

La stratégie semble fonctionner puisque depuis le début de la pandémie, 28 policiers ont été infectés, un chiffre satisfaisant dans les circonstances juge M. Caron. L’un d’eux a été hospitalisé et a été dans le coma durant plusieurs jours, mais a été guéri et a obtenu son congé de l’hôpital jeudi.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Sylvain Caron, directeur du SPVM

À un certain moment, 170 policiers et civils du SPVM se sont retrouvés, en même temps, en isolement préventif à la maison, car ils avaient été en contact avec des collègues ou des citoyens infectés. Ce chiffre se situerait maintenant à 70 environ, selon le directeur Caron. Et sur ces 70 personnes, il y en aurait une soixantaine qui sont des employés immunosupprimés, c’est-à-dire par exemple souffrant déjà d’une maladie chronique et donc plus vulnérables au coronavirus.

« Avec l’application de l’article 12 de la convention, on a réduit l’exposition de notre personnel policier sur la route en mettant beaucoup de monde et en évitant en même temps les chevauchements d’équipes. Cela a permis de faire travailler un moins grand nombre de gens par jour mais qui ont été concentrés sur des 12 heures au lieu d’être sur des quarts de huit heures et demie ou neuf heures. Cela nous a quand même permis d’avoir la flexibilité et le personnel nécessaire pour répondre aux besoins des citoyens », a ajouté Sylvain Caron, qui en a profité pour « lever son chapeau » à tous ses employés engagés, et souvent en première ligne, dans la lutte à la COVID-19.

Si la situation nécessite une nouvelle prolongation de l’état d’urgence au SPVM, la décision devrait être prise à la fin juin ou au début du mois de juillet.

La dernière fois que la clause de l’état d’urgence de la convention collective des 4500 policiers du SPVM avait été appliquée, c’était lors du grand verglas de janvier 1998.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, ou écrivez à drenaud@lapresse.ca