Répit dans le nombre de nouveaux décès annoncés quotidiennement. 50 nouveaux morts du virus ont été confirmés dans les 24 dernières heures, annonce le gouvernement Legault, portant le total à 3401.

La Presse et La Presse canadienne

C’est le nombre le moins élevé depuis le 13 avril alors qu’il y en avait eu 75. C’était alors la première journée où le bilan franchissait la barre des 50, pour ne jamais repasser en dessous depuis.

Le nombre d’hospitalisations aux soins intensifs est stable. Le point de presse quotidien du gouvernement Legault a lieu à Montréal, pour une deuxième journée consécutive.

Jeudi, le premier ministre François Legault a rencontré les PDG des CIUSSS et CISSS de la région de Montréal. Il dit avoir pris connaissance du fait que certains CHSLD n’ont « pas de patron ». Il a dit trouver inconcevable que des gestionnaires aient plusieurs établissements sous leur direction. Quant aux CHSLD privés, M. Legault dit ne pas exclure que ces établissements deviennent publics dans la réforme à venir dans les soins aux aînés.

Le premier ministre a également confirmé les propos tenus dans La Presse ce vendredi par le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge. Malgré la fermeture des écoles du Grand Montréal pour le reste de l’année scolaire, il s’attend à « un crescendo » dans les interventions des enseignants auprès de leurs élèves d’ici la date de fin des classes.

Un million de masques pour Montréal

François Legault a promis le don d’un million de masques à la ville de Montréal et de 6 millions aux sociétés de transport afin qu’elles puissent distribuer des masques à l’entrée de leurs services.

Même s’il n’écarte pas l’idée de le rendre éventuellement obligatoire, M. Legault a de nouveau insisté pour recommander « très fortement à tous les gens qui utilisent le métro, l’autobus, le transport en commun dans la CMM (Communauté métropolitaine de Montréal) de porter un masque », en plus d’émettre la même recommandation insistante pour « tout le monde » habitant dans les quartiers chauds.

Le premier ministre a aussi indiqué que tous les employés des CHSLD publics et privés sont maintenant testés systématiquement pour la détection de la COVID-19, même s’ils ne présentent pas de symptômes.

Gestionnaires délinquants

La question d’attraction du personnel a amené le premier ministre à invoquer une nouvelle fois ses discussions avec les centrales syndicales pour rendre permanentes les primes offertes aux travailleurs de la santé.

Il a très mal accueilli les informations selon lesquelles certains gestionnaires payaient une prime de 4 % par période de paie de deux semaines et alléguaient, au bout de deux périodes de paie, que cela représentait le 8 % décrété par le gouvernement ou que des employés étaient transférés en zone froide après quatre jours en zone chaude pour éviter de leur verser la prime pour œuvrer à temps plein en zone chaude.

« C’est Québec qui paye les primes, ce n’est pas le gestionnaire qui sort ça de sa poche et ce n’est même pas l’établissement ou le CISSS qui sort ça de sa poche. Pourquoi un gestionnaire ferait des manœuvres un peu croches pour pas donner une prime à un employé ?

Si c’est arrivé, j’aimerais ça que le syndicat nous donne le nom du gestionnaire et s’il le faut je vais lui parler, moi, au gestionnaire », a-t-il lancé, piqué au vif. « Je peux vous garantir que je vais taper sur les doigts du gestionnaire qui a fait ça. »

Omerta toujours présente

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a pour sa part rappelé qu’il est « absolument proscrit d’avoir un employé qui passe d’une zone chaude vers une zone froide le plus possible », pratique qu’elle désapprouve d’autant plus « si c’est en plus pour éviter la prime ».

Mme McCann, qui affirmait avoir « levé l’omerta » le 1er mai dernier afin que les travailleurs du réseau puissent s’exprimer auprès des médias, a reconnu à mots couverts que cette omerta était toujours bien en place. Dans plusieurs cas, les employés du réseau doivent signer des ententes de confidentialité, se soumettre au devoir de loyauté absolue envers l’employeur et ne sont pas protégés par la loi 87 qui est censée protéger les lanceurs d’alerte, mais dont l’article 7 prévoit explicitement de leur retirer la protection s’ils s’adressent aux médias en dehors de certains paramètres extrêmement exigus.

Elle a promis d’annoncer « bientôt une autre modalité qu’on va mettre en place pour justement favoriser le fait que les employés qui, pour toutes sortes de raisons, n’ont pas eu la possibilité de transmettre leurs préoccupations […]. On va vous annoncer une stratégie qu’on va mettre en place pour absolument recevoir des commentaires (dans les médias) », a-t-elle indiqué.

« L’année scolaire n’est pas terminée »

Le premier ministre a également profité de l’occasion pour rappeler que « l’année scolaire n’est pas terminée, même si les écoles à Montréal n’ouvriront pas avant le mois de septembre ».

Rappelant qu’il y aura bel et bien un bulletin à la fin de l’année scolaire, il a invité les enseignants à porter une attention particulière aux élèves en difficulté d’apprentissage et a lancé l’avertissement suivant : « D’ici au 20 juin, je m’attends à ce que les enseignants travaillent et que les enfants travaillent, qu’il y ait des devoirs et qu’ils étudient. Il faut être clair que ce n’est pas les vacances d’ici le 20 juin. »

Traçage : toujours à l’étude

La directrice de la santé publique de Montréal, la docteure Mylène Drouin, a de son côté indiqué qu’elle aura une rencontre la semaine prochaine afin d’étudier la possibilité d’utiliser une application mobile de traçage des contacts.

Bien que l’idée circule depuis un certain temps, la docteure Drouin a rappelé qu’il s’agit d’un outil imparfait.

« Il y a des limites dans l’utilisation de ces applications. […] Le standard est toujours de tester, tester, tester et faire les enquêtes et isoler les cas, mais ça pourrait être quelque chose de complémentaire aux mesures, d’avoir la population qui travaille avec nous. »

Comme plusieurs, elle a invoqué les « questions de vie privée et de confidentialité » que soulève cette technologie.

À ses côtés, le directeur national de la santé publique, le docteur Horacio Arruda, a soulevé la problématique de l’accès à cette analyse.

« Si on veut que ce soit correct et que ça nous donne une plus-value, ça doit être utilisé par beaucoup de monde et ça ne serait probablement pas obligatoire pour différentes raisons : ce n’est pas tout le monde qui a un téléphone cellulaire, entre autres dans les quartiers chauds », a-t-il souligné.