Préoccupés par le manque de matériel de protection et par la situation particulièrement critique de la pandémie dans la métropole, les enseignants de Montréal sont soulagés de savoir qu’ils ne rentreront pas en classe d’ici la fin de l’année scolaire. Idem pour les éducatrices en service de garde.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

« Beaucoup de profs vont dormir plus paisiblement en sachant qu’ils n’ont pas à retourner enseigner en pleine pandémie », affirme la présidente de l’Alliance des professeures et des professeurs de Montréal, Catherine Beauvais-St-Pierre.

Le syndicat a l’impression d’avoir été entendu à Québec. « On a crié fort dans les médias, mais aussi à la CSDM, à la santé publique, au ministère de l’Éducation », souligne Mme Beauvais-St-Pierre.

Il se trouvera sans doute des parents déçus de cette décision, reconnaît-elle.

« Je ne suis pas certaine que les parents étaient conscients de ce que ça allait être en classe. Je ne pense pas que les enfants vont manquer une expérience inoubliable d’enseignement », affirme Catherine Beauvais-St-Pierre.

Maintenant que les enseignants du préscolaire et du primaire savent qu’ils ne retourneront pas en classe, ils pourront se concentrer sur l’enseignement à distance plutôt que de préparer une rentrée en vitesse, estime l’Alliance.

« Ça va laisser plus de place à cette appropriation. Pour certains enseignants, c’est facile, pour d’autres c’est déstabilisant », indique Catherine Beauvais-St-Pierre.

Les directions d’écoles montréalaises disent qu’elles était prêtes à accueillir les élèves, mais que ceux-ci étaient de moins en moins nombreux au rendez-vous.

« Les inscriptions ont fondu depuis le report de la semaine dernière. Les parents qui étaient indécis ont coché "non" finalement. Il y a beaucoup d’écoles, surtout dans les milieux défavorisés, qui étaient rendues en bas de 15 % d’inscriptions », explique la présidente de Association montréalaise des établissements d'enseignement scolaire, Hélène Bourdages.

Elle estime que les écoles pourront désormais se concentrer sur le télétravail. « De toute manière ça va rester. On sait bien que l’année prochaine ne sera pas une année normale, ce sera une année pandémie », souligne Mme Bourdages.

Soulagement aussi dans les services de garde

Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, comprend que des parents se retrouveront mal pris, « mais le report jusqu'au 1er juin s’imposait pour la sécurité des éducatrices, mais aussi des enfants ».

Samir Alahmad, président de l'Association des garderies privées du Québec, n'est pas surpris. Avec le nombre de cas qui ne diminue pas beaucoup à Montréal, cela n'aurait eu aucun sens à son avis.

Et le 1er juin, ça ira ? M. Alahmad doute que la situation se sera suffisamment améliorée pour permettre une réouverture des services de garde à Montréal.