Kathleen Pouliot commence à avoir très hâte que l’école reprenne. Deux garçons en confinement, ça devient carrément trop dangereux.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Comme si souvent, résume-t-elle, ils se chamaillaient. « Cette fois, c’est le plus grand qui a poussé le petit. Il est tombé et s’est cassé une dent d’adulte. »

Dents cassées, blessures qui nécessitent des points de suture, les garçons et leurs parents connaissent bien. Mais en temps de pandémie, comment trouver un dentiste à Québec ?

Mme Pouliot s’est d’abord butée à un répondeur et à deux secrétaires. 

Elle a notamment eu au bout du fil une secrétaire qui lui a dit que « si ça ne fait pas mal, on ne peut rien faire ».

Mme Pouliot a finalement pensé à son patron, ami d’une dentiste qui l’a orientée vers une spécialiste. À partir de photos, cette endodentiste a vite fait de constater que le nerf était touché et qu’en fait, non, cela ne pouvait pas attendre.

« La clinique où on s’est retrouvés était hors du commun, explique Mme Pouliot. Le personnel se change sur place et n’apporte pas de vêtements de l’extérieur. Et avant d’entrer dans les salles d’examen, il y a un lavabo où chacun doit se laver les mains. Tout cela était déjà en place bien avant la pandémie. »

Possible d’aller chez le dentiste ?

Le Dr Guy Lafrance, président de l’Ordre des dentistes du Québec, précise que les urgences dentaires devant actuellement être prises en charge sont les saignements prolongés, les enflures ou les douleurs importantes, de même que les traumatismes.

Dans ces cas-là, les personnes doivent téléphoner à leur dentiste et, oui, « il doit les rappeler ».

Le dentiste — et non la secrétaire, précise-t-il — doit parler au patient et déterminer s’il s’agit d’une urgence ou si un médicament peut régler le problème.

Il peut arriver que le dentiste, lui-même malade, ne soit pas en mesure de travailler. Dans ce cas, il doit confier son patient à un collègue.

Le Dr Guy Lafrance

Les Québécois qui auraient du mal à trouver un dentiste peuvent aussi joindre l’Ordre des dentistes, qui a sur son site une liste de cliniques ouvertes.

Mais est-ce sécuritaire d’aller chez le dentiste en ce moment ?

Les standards de pratique en temps de pandémie sont actuellement étudiés par l’Ordre des dentistes et les autorités québécoises de santé, répond le Dr Lafrance.

De façon générale, le masque et la visière sont de mise pour les traitements simples, ajoute-t-il.

Les patients doublement malchanceux qui auraient à la fois la COVID-19 et une rage de dents sont dirigés quant à eux vers des hôpitaux désignés pour ces cas.

Le Dr Lafrance espère que les dentistes pourront bientôt reprendre plus de patients « parce que ce qui n’était pas encore urgent va finir par le devenir bientôt ».

Un site dans l’air du temps

Le dentiste Roméo Antoun, qui a mis sur pied il y a environ cinq mois un site de référence de professionnels, ne pensait pas être autant dans l’air du temps.

À l’heure actuelle, dentistes, chiropraticiens, dermatologues et physiothérapeutes se sont inscrits. Un service de téléconsultation s’ajoutera bientôt.

« Le service est gratuit pour les patients, de même que pour les professionnels pour les six mois à venir », précise le Dr Antoun.