Les gens de Montréal-Nord « n’ont pas été au rendez-vous » à la clinique de dépistage de la COVID-19, selon le directeur national de santé publique. Ces propos tenus lors de la conférence de presse de mardi ont « réellement choqué » la mairesse de l’arrondissement, qui a reçu un portrait complètement différent de la situation.

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

« Quand j’ai entendu que les gens n’avaient pas été au rendez-vous, j’ai vraiment été choquée. Ça n’avait aucun sens avec ce que j’avais eu comme information la veille, alors qu’on me disait que les attentes pour la fréquentation de la clinique de dépistage étaient de 40 à 50 tests par jour et qu’ils en faisaient plutôt 150 par jour », a réagi la mairesse de Montréal-Nord, Christine Black, qui a obtenu ces informations lors d’une conférence téléphonique à laquelle participaient notamment « des responsables du CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal », lundi après-midi.

Lundi soir, la clinique temporaire de dépistage massif implantée au CLSC de Montréal-Nord, la semaine dernière, a passé bien près de fermer. Questionné à ce sujet lors de la conférence de presse quotidienne, mardi, le directeur de la Santé publique a justifié cette décision par un achalandage en deçà des attentes.

« Il faut comprendre que, dans la clinique elle-même, les gens n’ont pas été au rendez-vous alors qu’ils avaient une capacité de plusieurs personnes. Ça a été la même affaire à Laval où on a fait des dépistages notamment dans Chomedey avec des accès. Alors qu’ils s’attendaient à avoir 10 fois plus de cas, ils ont eu à peu près à peine 90 personnes », a répondu Horacio Arruda, quatre jours après l’annonce du déploiement d’un dépistage massif à Montréal dans les secteurs névralgiques.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Mardi, le CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal a annoncé que la clinique de dépistage sans rendez-vous se poursuivait au CLSC pour la journée. Jeudi et vendredi, elle devient mobile et se transportera à l’Aréna Garon, entre 10 h et 18 h.

La goutte de trop

Montréal-Nord est l’un des arrondissements les plus affectés de l’île de Montréal par la pandémie de coronavirus. La mairesse Black estime que de tels propos « donnent l’impression que c’est la faute des Nord-Montréalais » si la clinique ferme et croit qu’il faut plutôt encourager cette population déjà lourdement prouvée, plutôt que de chercher des coupables.

« D’ajouter un élément comme ça qui les montrent du doigt – alors que selon les informations que j’ai, ce n’est pas exact – c’est la goutte qui a fait déborder le vase. On se dit : “Bordel, on fait notre maximum !”, pourquoi dire ça ?  », questionne Mme Black.

Il faut les encourager, leur dire d’y aller, de ne pas avoir peur d’y aller. Il ne faut pas oublier qu’à travers ce qui se passe, des gens sont malades, des gens décèdent. Et moi, comme mairesse, c’est ma priorité qu’ils aillent se faire tester et qu’ils collaborent.

Christine Black, la mairesse de Montréal-Nord

Mardi, le CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal a annoncé que la clinique de dépistage sans rendez-vous se poursuivait au CLSC pour la journée. Jeudi et vendredi, elle devient mobile et se transportera à l’Aréna Garon, entre 10 h et 18 h.

En moyenne 1900 tests de dépistages ont été effectués quotidiennement à Montréal, la semaine dernière, comparativement 1032 la semaine précédente. Les unités mobiles devraient effectuer 200 tests supplémentaires. Pour l’instant, elles sont en mesure d’en effectuer la moitié.

« On a une combinaison de facteurs. À la fois la réponse de la population qu’on va devoir stimuler – c’est pour ça que le premier ministre demande aux gens de ces quartiers-là de venir [passer le test], parce que ce n’est pas parce qu’on l’offre que les gens veulent nécessairement venir le faire. Deuxièmement, il y a eu des enjeux de ressources humaines pour être capable de faire les tests dans les autobus », a déclaré Horacio Arruda, mardi.