Inquiète que les charmes historiques de Sainte-Anne-de-Bellevue attirent les visiteurs en dépit de la pandémie de COVID-19, la petite municipalité de l’ouest de l’île de Montréal réclame la présence de policiers pour faire respecter les consignes de distanciation sociale sur son territoire.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Les mesures de prévention afin d’éviter les rassemblements, ainsi que la campagne de sensibilisation auprès de la population et des visiteurs ne donnent pas les effets escomptés, constate la Ville. Des piétons et des cyclistes envahissent la rue Sainte-Anne avec le retour du beau temps, note la Ville qui dit avoir alerté à de nombreuses reprises le poste de quartier 1 de la situation.

Or, « les effectifs policiers sont déployés majoritairement dans la ville de Montréal et ses arrondissements (parc La Fontaine, parc du Mont-Royal, parc Jean-Drapeau) et ne sont pas, par le fait même, disponibles pour faire respecter » les consignes des autorités sanitaires.

Ainsi, Sainte-Anne-de-Bellevue réclame que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) offre « un niveau de service […] identique à celui offerts aux citoyens de la ville de Montréal et de ses arrondissements ». Par voie de communiqué, la mairesse Paola Hawa dit estimer que l’absence du SPVM met en péril la santé et la sécurité de la population de sa municipalité.

Les résidants de Sainte-Anne-de-Bellevue ne sont pas des citoyens de seconde zone. Le conseil d’agglomération de Montréal a le devoir moral d’offrir des services de sécurité publique qui sont équitables pour l’ensemble des citoyens de l’agglomération. On ne peut plus tolérer ce deux poids, deux mesures.

Paola Hawa, mairesse de Sainte-Anne-de-Bellevue

Le conseil municipal s’est prononcé sur cette question lundi. La résolution adoptée par les élus rappelle que la quote-part générale de Sainte-Anne-de-Bellevue versée à l’agglomération de Montréal s’élève à 6,5 millions pour 2020, dont 2,1 millions dans le budget du SPVM.

L’Association des municipalités de banlieue (AMB), qui regroupe les 15 villes de banlieue situées sur l’île de Montréal, ne partage pas les inquiétudes de Mme Hawa. « Chaque municipalité a ses préoccupations locales et à Sainte-Anne-de-Bellevue, le tourisme peut constituer un problème réel », a indiqué le président de l’AMB, le maire de Montréal-Ouest, Beny Masella.

Par ailleurs, ce dernier souligne le déséquilibre du financement au sein de l’agglomération de Montréal, rejoignant ainsi son homologue de Sainte-Anne-de-Bellevue. « On paie plus en quote-part que ce que l’on reçoit en services d’agglomération », a dit M.  Masella.

Pour ce qui est de la gestion de la COVID-19 dans l’agglomération, Beny Masella ne fait aucune critique à l’égard de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui préside l’agglomération. « C’est une situation difficile pour tout le monde parce que la situation change de jour en jour. Tant que l’on suit les recommandations basées sur la science, on fait ce qui doit être fait. Montréal montre de l’ouverture et partage l’information sans problème », note-t-il.

L’agglomération de Montréal devrait faire face aux impacts financiers de l’actuelle crise sanitaire. L’analyse de l’ampleur du manque à gagner est en cours. Une assemblée extraordinaire de l’agglomération est prévue ce jeudi afin de déposer les avis de motion en vue de l’assemblée du 28 mai.