Dans un monde idéal, à quel moment devrait-on rouvrir les écoles ?

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

Onze chercheurs qui travaillent à l’Institut norvégien de santé publique ou à l’Université d’Oslo ont tenté de répondre à cette impossible question et proposé au gouvernement de leur pays un protocole de retour à l’école.

En Norvège, les écoles ont fermé le même jour qu’au Québec, soit le 12 mars.

Selon le plan idéal aux yeux des chercheurs, le gouvernement devrait diviser les écoles en deux groupes. Par un tirage au sort, la moitié des écoles de chaque municipalité demeureraient fermées, et l’autre moitié des écoles rouvriraient leurs portes en toute prudence, à 50 % de leurs élèves, par exemple.

Au bout de dix jours à deux semaines, des tests de COVID-19 devraient être faits sur tous les élèves et les enseignants.

Tout se passe bien ? Pas d’éclosion ? On passe à l’étape suivante. Une partie des écoles s’ouvrent par exemple à la moitié des élèves ; les autres écoles, aux trois quarts des enfants, en réduisant aussi la distanciation physique exigée au premier stade de l’expérience.

On mesure, on teste encore, on compare les résultats, on voit si l’on passe à la prochaine étape, si on ouvre le robinet. Si oui, des écoles pourraient cette fois être ouvertes à tous leurs élèves, tandis que d’autres limiteraient toujours le nombre d’élèves admis et pratiqueraient encore une certaine forme de distanciation physique.

Si tout se passait bien, sans éclosion particulière, les écoles pourraient rouvrir en trois à six semaines.

Est-ce que cela se fera, en Norvège ? Non, nous a répondu par courriel le Dr Michael Bretthauer, l’un des coauteurs de l’étude.

« Le gouvernement a trouvé notre plan intéressant, mais n’a pas voulu retarder l’ouverture des écoles, qui se fera lundi [prochain]. Le gouvernement nous a cependant offert des subventions pour transposer notre plan à la réouverture des centres d’entraînement. Nous y travaillons tous les jours, pendant d’innombrables heures. On ne sait pas si cela sera mis en application – certains règlements devraient être modifiés, si tel était le cas –, mais nous travaillons à fond là-dessus. »