Nous répondons aux préoccupations des lecteurs

Suzanne Colpron Suzanne Colpron
La Presse

En juin, avec le retour de l’été, les moustiques piqueront. Seront-ils des vecteurs de transmission de la COVID-19 ?

« Ce n’est pas impossible, mais c’est très peu probable », assure le virologue de l’UQAM, Benoît Barbeau. « Pour qu’un moustique puisse infecter un individu en le piquant, il faudrait qu’il y ait assez de virus dans le sang. Et comme tous les virus respiratoires, le coronavirus n’est pas fortement concentré dans le sang. On ne devrait pas prendre cette possibilité en considération. »

Il y a encore beaucoup d’inconnues autour de la COVID-19, mais on sait que le virus se transmet d’un humain à l’autre, principalement par les gouttelettes éjectées par une personne atteinte de la maladie qui parle, tousse ou éternue. Il peut aussi se propager par des mains infectées portées au visage. On sait également que le virus est présent dans les selles mais on ignore toujours s’il peut être transmis par cette voie.

Le corps des personnes mortes du coronavirus doit-il être incinéré ?

Non, l’inhumation est aussi permise. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui a recommandé la crémation dans un premier temps, a revu sa position le 20 avril. L’entreposage des cercueils dans une crypte ou dans un charnier est toutefois interdit. Et des précautions doivent être prises, dont le port d’équipement de protection personnelle : masque, gants, visière et blouse résistante aux éclaboussures.

Pendant combien de temps un porteur du virus asymptomatique est-il contagieux ?

Dans la grande majorité des cas, l’infection dure 14 jours, mais « on ne peut pas exclure que cela dure plus longtemps », affirme le microbiologiste Christian Baron, vice-doyen à la recherche de la faculté de médecine de l’Université de Montréal. « Il y a beaucoup d’inconnues. » Les données actuelles suggèrent que cela pourrait durer jusqu’à 20 jours, avec ou sans symptômes.

Pourquoi trouver un médicament prend-il autant de temps ?

Normalement, le développement d’un médicament par des chercheurs nécessite de 10 à 15 ans, indique le professeur Christian Baron. « Heureusement, avec la COVID-19, on ne commence pas à zéro. Beaucoup de médicaments ont été développés contre le virus du SRAS, dont la structure moléculaire est quand même semblable à celle du nouveau coronavirus. » De plus, des chercheurs du monde entier mettent leurs efforts et leurs connaissances en commun pour trouver des solutions.

J’ai acheté deux masques N95 en 2010. Sont-ils encore bons ? Si oui, peuvent-ils servir plus d’une fois ?

Oui et non. Les masques N95 ont une date de péremption et sont à usage unique. Ils peuvent encore servir s’ils ont été entreposés correctement et que le but est de protéger les autres quand vous allez à la pharmacie ou à l’épicerie. Mais, de toute évidence, ils ne pourraient pas être utilisés par des membres du personnel soignant. « Ce n’est pas pire que de ne pas porter de masque du tout », dit Nathalie Grandvaux, qui dirige des recherches sur les infections respiratoires au CHUM. Mais il faut bien se laver les mains avant de le mettre et ne pas se toucher le visage. « Les gouttelettes qu’on produit atterrissent sur le masque. Une fois qu’il a été contaminé, je ne le remettrais pas sur mon visage, ajoute-t-elle. Non merci. »

Pourrons-nous nous baigner dans les lacs du Québec cet été ?

On l’ignore. Une équipe de l’Institut national de santé publique du Québec travaille actuellement sur cette question et compte publier une fiche d’information dans les prochains jours. En attendant, la baignade dans les piscines et les spas est possible et sécuritaire. Selon l’INSPQ, comme pour l’eau potable, les concentrations de désinfectants utilisées pour traiter l’eau des piscines sont en mesure d’inactiver les coronavirus comme le SARS-CoV-2.