(Québec) Alors que la pandémie de COVID-19 a des effets néfastes sur la santé mentale de la population, le Parti libéral du Québec (PLQ) propose que les services d’aide psychologique soient couverts par le régime public. Les Québécois devraient avoir accès à 12 séances remboursées par l’État par année, selon les libéraux.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

« On le sait déjà, il va y avoir des besoins additionnels, notamment chez les travailleurs de la santé, chez les gens qui vont avoir été confinés, il va y avoir des gens endeuillés, d’autres qui vivent de l’anxiété par rapport à leur santé ou celle de leurs proches », énumère le député libéral de Pontiac, André Fortin.

Selon le PLQ, il faut créer « une opportunité pour tous les Québécois » de se prévaloir d’une aide psychologique, au besoin, et sans avoir à se retrouver sur la « très, très longue liste » du secteur public.

Il y a des gens qui soit n’ont pas d’assurance, soit n’ont pas les moyens.

André Fortin, porte-parole du Parti libéral en matière de santé et de services sociaux

Sept fois plus qu’avant la crise

Québec a annoncé cette semaine un « plan d’action COVID-19 » pour intensifier l’offre de services en santé mentale, embaucher des professionnels qui pratiquent au privé et bonifier le service de la ligne Info-Social 811. Le plan s’accompagne d’une enveloppe de 31 millions. Vendredi, le gouvernement Legault a ajouté un financement supplémentaire de 14 millions spécifiquement pour « protéger la santé psychologique [des] anges gardiens » du réseau de la santé.

Le PLQ salue l’initiative du gouvernement, mais il estime que « ça ne répondra pas aux besoins criants des Québécois qui n’auront pas accès aux services avec le système en place ». M. Fortin soutient que la question de l’accès « reste floue » alors que 15 % de la population dit vivre de l’angoisse liée à la pandémie.

C’est sept fois plus qu’avant la crise sanitaire, a précisé mercredi la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.

En disant aux gens que c’est un service qui est public, qui est à leur disposition […], on a bon espoir que beaucoup de gens, qui n’ont peut-être pas osé par le passé faire la demande, le feraient.

André Fortin

La proposition du PLQ coûterait environ 300 millions par année au gouvernement et permettrait d’aider 250 000 personnes, selon l’estimation du parti. Cette somme doit être vue comme « un investissement et non une dépense », croit M. Fortin.

Les 12 séances annuelles seraient remboursées par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Actuellement, une séance dans le secteur privé coûte de 90 $ à 125 $.