Le port du masque est « fortement recommandé » dans le métro et les autobus, mais la Société de transport de Montréal (STM) n’a pas l’intention de le rendre obligatoire pour la clientèle.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

On se prépare à distribuer entre 500 000 et 600 000 masques réutilisables aux usagers, avec les autres sociétés de transport de la grande région de Montréal, mais ils seront facultatifs.

« Si on le rendait obligatoire, il faudrait des mesures de contrôle pour s’assurer que les gens respectent cette obligation. Mais les inspecteurs et les policiers ont d’autres choses à faire que de devenir une "police du masque", » a expliqué Philippe Schnobb, président de la STM, en conférence de presse vendredi matin.

Il ne faudrait pas non plus que des usagers se voient refuser l’utilisation du transport en commun, un service essentiel, parce qu’ils n’ont pas de masque, a-t-il ajouté.

Selon lui, la «pression sociale» fera en sorte que la clientèle portera le masque lors de ses déplacements.

La STM installera aussi dans ses autobus, sous peu, des cloisons faites de plexiglas ou d’un autre matériau transparent, pour isoler les chauffeurs de la clientèle. L’entrée par l’avant des bus et la perception des titres de transport reprendra donc graduellement dans les prochaines semaines.

Des tests sont en cours dans les autobus, et l’installation des barrières devrait débuter la semaine prochaine : « Avec une flotte de 2000 autobus, ça va prendre un certain temps, a souligné le directeur général de la STM, Luc Tremblay. Mais la perception va reprendre au fur et à mesure que les autobus seront convertis ».

15 personnes par bus, 153 par rame

Pour qu’une distance de deux mètres puisse être maintenue entre les usagers du transport en commun, il faudrait un maximum de 15 personnes par autobus, et de 153 personnes par rame de métro, a indiqué M. Tremblay.

En prévision du déconfinement de la métropole, qui commencera le 25 mai avec la réouverture des commerces, écoles et entreprises, la STM est en discussion avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et avec les grands employeurs pour leur demander de maintenir le télétravail et d’étaler les horaires de travail, afin d’éviter un trop grand achalandage dans le transport en commun.

Mais malgré cela, il est presque certain, que la distance de deux mètres ne pourra être maintenue dans les bus et dans le métro, ont admis les responsables de la STM. C’est pour cette raison qu’on mise sur le port du masque, et qu’on en distribuera aux usagers.

Autre mesure prévue pour tenter de répartir l’achalandage: la mise en place d’un «indicateur de charge», qui permettra aux clients de connaître, en temps réel, le nombre de personnes dans un autobus ou une rame de métro. Ils pourront donc retarder leur déplacement s’ils estiment qu’il y a déjà trop de passagers.

«Ce n’est pas pour la semaine prochaine, mais on travaille sur cet outil pour pouvoir le mettre en place dès que possible», indique Philippe Schnobb.

La fréquence des métros est maintenant revenue à son niveau habituel, assurent les responsables, tandis que le service d’autobus est assuré à 80%, ce qui correspond à l’horaire d’été.

Une erreur, selon l’opposition

La STM fait erreur en ne rendant pas obligatoire le port du masque, et envoie un message flou à la population, selon le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Lionel Perez.

«Il n’y a pas de risque à prendre, Montréal est l’épicentre de la pandémie, a-t-il souligné. Si le masque était obligatoire, ça rassurerait ceux qui ont peur de prendre le transport en commun de crainte d’être contaminés. En n’imposant pas d’obligation, on risque de retarder la reprise des activités économiques à Montréal.»

Une telle obligation ne serait pas nécessairement accompagnée de contraventions aux récalcitrants, plaide M. Perez, mais d’une intense campagne de sensibilisation et d’éducation auprès des usagers du transport en commun, ainsi que d’une période d’adaptation.

Si d’autres villes dans le monde imposent le port du masque dans leur réseau de transport en commun, Montréal peut le faire aussi, selon Lionel Perez, «pour éviter une deuxième vague de la maladie».