(Québec) Une prime allant jusqu’à 1000 $ par mois sera offerte pour aider au recrutement de travailleurs dans les milieux de santé en pénurie, a annoncé le premier ministre François Legault en point de presse jeudi. La réouverture des commerces non essentiels et le retour à l’école sont aussi retardés d’une semaine supplémentaire dans le Grand Montréal.

Ariane Krol Ariane Krol
La Presse

La prime incitative sera offerte pour le recrutement de travailleur à temps plein. Pour quatre semaines à raison de 36,25 heures par semaine, elle pourra atteindre 1000 $. « C’est quand même intéressant. Pour un préposé aux bénéficiaires, c’est à peu près 30 % du salaire », a indiqué le premier ministre.

Dans le Grand Montréal, où la contagion n’est pas encore considérée sous contrôle et où le personnel manque pour pourvoir les lits d’hôpitaux disponibles, le déconfinement est de nouveau reporté. Les commerces non essentiels, les écoles et les garderies ouvriront seulement le 25 mai, « si, et seulement si, la situation s’améliore du côté du personnel [de la santé] d’ici le 25 mai », a souligné François Legault.

C’est le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, qui a eu le mandat d’élaborer cette nouvelle prime destinée à aider au recrutement dans les CHSLD, les résidences pour aînés et les hôpitaux problématiques.

Depuis le début de la pandémie, Québec offre déjà des primes de 4 % et de 8 % aux travailleurs de la santé. Mais le nombre d’employés de la santé absents pour cause d’isolement ou de maladie ne cesse d’augmenter. Il sont maintenant 11 600 et de ceux qui sont présents, la moitié travaillent à temps partiel, a indiqué M. Legault jeudi.

Ces annonces ont été faites alors que 121 nouveaux décès ont été enregistrés depuis 24 heures dans la province, portant le bilan à 2631. De plus, 911 nouveaux cas ont été confirmés, pour un total de 32 238 personnes infectées. De ce nombre, 1836 personnes sont encore hospitalisées, dont 224 aux soins intensifs.

François Legault avait déjà évoqué « l’arme » de la rémunération en début de semaine. « C’est peut-être l’arme qu’il nous reste, la bonification de la rémunération », avait-il mentionné au point de presse de mardi.

Avec l’état d’urgence sanitaire, Québec a le pouvoir de contraindre des fonctionnaires de l’État à travailler dans le réseau de la santé, mais le premier ministre n’avait pas manifesté d’appétit pour cette solution.

« De forcer quelqu’un à aller travailler auprès des patients qui sont en difficulté, je ne pense pas, en tout cas, que ça devrait être le premier choix », avait-il expliqué en disant préférer les primes « à la conscription ».

Les quelque 8000 volontaires recrutés par l’entremise du site Jecontribue.ca, le millier d’enseignants et d’étudiants et les quelques centaines de militaires dépêchés jusqu’ici dans une douzaine de CHLSD n’ont donc pas suffi à combler la pénurie criante de main-d’oeuvre.