(Toronto) Alors que la croissance des nouveaux cas de COVID-19 ralentit en Ontario, le gouvernement a annoncé mercredi de petits pas vers la réouverture de l’économie, notamment en autorisant les commerces à rouvrir, mais pour une collecte sur le trottoir.

Allison Jones
La Presse canadienne

Le premier ministre Doug Ford a toutefois prévenu que « toute réouverture de l’économie sera progressive, mesurée et sécuritaire ». Son gouvernement a d’ailleurs prolongé mercredi l’état d’urgence sanitaire de deux semaines, jusqu’au 19 mai.

Tous les magasins de détail qui ont pignon sur rue seront autorisés à rouvrir le lundi 11 mai, mais ils devront assurer la cueillette et la livraison en bordure de rue. Les jardineries et les pépinières, qui avaient été autorisées à ouvrir lundi, mais uniquement pour distribution en bordure de rue, seront autorisées à ouvrir leurs portes aux clients dès vendredi. Les quincailleries et les magasins de fournitures de sécurité pourront faire de même samedi.

Les entreprises qui peuvent désormais ouvrir leurs portes aux clients devront suivre les mêmes directives que les épiceries et les pharmacies : distanciation physique, lavage fréquent des mains, désinfection des surfaces, barrières physiques, quarts de travail décalés et paiement sans contact.

Le gouvernement Ford prolonge aussi par décret, jusqu’au 31 mai, la période d’allégement des tarifs d’électricité pour les familles, les exploitations agricoles et les petites entreprises. Les clients assujettis à la tarification selon l’heure de consommation continueront donc de bénéficier en tout temps du tarif le plus bas, habituellement réservé aux périodes creuses. Ce décret d’urgence devait lui aussi expirer cette semaine.

L’Ontario a déjà décrété par ailleurs que toutes les écoles financées par l’État seraient fermées jusqu’au 31 mai — au moins.

De son côté, la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO) a annoncé qu’elle augmentait les heures d’ouverture de ses magasins, réduites en mars. Ces prolongations seront déployées graduellement dans tous les magasins, jusqu’au début de juin.

La première étape du déconfinement

L’Ontario n’est pas encore sur le point, par contre, d’entrer dans la première étape de sa feuille de route de déconfinement. La première étape de ce déconfinement verrait la réouverture des lieux de travail qui peuvent modifier leurs activités et la reprise des chirurgies électives dans les hôpitaux. On permettrait aussi à plus de personnes de participer à certains évènements comme des funérailles, et on rouvrirait des parcs.

Avant de passer à cette étape, le médecin hygiéniste en chef de la province devra constater une diminution constante, sur deux à quatre semaines, du nombre de nouveaux cas de COVID-19.

L’Ontario a signalé mercredi 412 nouveaux cas de COVID-19 et 68 décès supplémentaires. Le docteur David Williams a estimé que la province avait connu divers hauts et bas depuis la fin avril, mais qu’elle est actuellement au quatrième ou cinquième jour d’une bonne descente de la courbe. « Tout va dans la bonne direction. Nous sommes dans un plateau très lent, ici, donc nous espérons obtenir encore plus de progression. »

Le bilan total de la COVID-19 en Ontario s’élevait mercredi à 18 722 cas, 1429 décès et 13 222 cas résolus, soit plus de 70 % de tous les cas. Le nouveau total de cas représente une augmentation de 2,3 % par rapport au total de mardi — un taux de croissance relativement stable depuis quelques jours.

Le nombre de personnes à l’hôpital et dans les unités de soins intensifs a diminué mercredi — 1032 et 219 respectivement —, mais le nombre de personnes sous respirateurs est passé de 166 à 174.

Moins de 13 000 tests ont été effectués la veille, même si la province avait annoncé qu’elle effectuerait 16 000 tests par jour. Mardi, le premier ministre Ford a sévèrement réprimandé la moitié des médecins hygiénistes régionaux pour leurs faibles taux de dépistage. Le gouvernement avait précédemment promis de réaliser 18 900 tests par jour dès la mi-avril.

Dans les foyers de soins de longue durée, 71 décès supplémentaires ont été signalés mercredi, pour un total de 1074. L’information provient d’une base de données distincte des bilans provinciaux, où il existe souvent un décalage.