(Québec) Le bilan des décès liés à la COVID-19 continue de s’alourdir au Québec alors que l’on dénombre 112 nouvelles victimes, pour un total de 2510. Le nombre de cas déclarés positifs atteint maintenant 34 327 (+910). Les hospitalisations demeurent plutôt stables avec une hausse de 19 pour un cumulatif de 1840, dont 213 aux soins intensifs (-5).

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Profitant de la Semaine nationale de la santé mentale, Québec a annoncé un « nouveau plan d’action COVID-19 », accompagné d’une enveloppe de 31 millions de dollars, pour soutenir les personnes souffrant de problèmes de santé mentale, qui peuvent être accentués en raison de la pandémie et de l’isolement.

« Toute cette lutte qu’on mène contre la COVID-19 pour préserver notre santé physique ne doit pas se faire au détriment de la santé mentale. On n’a pas à choisir », a fait valoir mercredi la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, en remplacement du premier ministre François Legault.

Les investissements vont permettre de déployer plus de ressources pour améliorer et intensifier l'offre de services psychosociale et de santé mentale « pour toute personne qui en fait la demande ». Cela inclut l'embauche de professionnels qui pratiquent habituellement au privé. Et ça implique également de bonifier le service téléphonique Info-Social 811, a indiqué la ministre de la Santé, Danielle McCann.

« Depuis le début de la pandémie chez nous, 15 % des gens ont rapporté vivre de la détresse. C'est sept fois plus qu'avant la crise sanitaire. On a beaucoup d'aînés qui vivent de l'isolement, beaucoup de travailleurs essentiels qui vivent de l'anxiété et beaucoup de familles dont la vie a été chamboulée. Malheureusement, la situation risque d'empirer et de se prolonger durant les prochaines semaines et même les prochains mois », a-t-elle ajouté.

Garderies rouvertes à 30 %

Mme Guilbault a par ailleurs confirmé que les garderies seront rouvertes de façon progressive à 30 % de leur capacité la semaine prochaine. Il s’agit d’une première vague. « C’est une évidence qu’on ne pourra pas rouvrir les garderies de la même façon qu’avant la COVID, à 100 % de leur capacité, du jour au lendemain », a-t-elle dit.

En commission parlementaire mercredi, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe a encouragé les parents du Québec à faire garder leurs enfants à la maison afin de ne pas congestionner le réseau des services de garde, à court terme. « On est bien conscient que ça vient compliquer les choses pour bien des parents […], mais nous sommes face à une situation exceptionnelle », a rappelé Mme Guilbault.

Soulignant que le réseau scolaire se trouve lui aussi devant un défi logistique, la vice-première ministre a appelé les Québécois à se mettre « en mode solutions » et d’être « indulgents et compréhensifs ».

Risques pour les 70 ans et plus

Admettant qu’il était légitime pour le personnel du réseau scolaire d’être anxieux pour la rentrée, Québec a précisé que le « facteur de risque » de complications liées à la COVID-19 est pour les personnes âgées de 70 ans et plus « et non à 60 ans ». « Ce sera donc possible pour les enseignants et les éducateurs âgés entre 60 et 69 ans de reprendre le travail dès la semaine prochaine », a souligné Mme Guilbault.

« Les gens âgés en bas de 70 ans peuvent aller travailler à condition bien sûr de respecter les consignes de la santé publique, notamment les consignes de distanciation sociale, d’hygiène. On demande aussi aux employeurs du Québec d’en tenir compte pour que ces consignes soient respectées dans tous les lieux de travail », a-t-elle dit.

Sorties médicales pour les détenus

Québec autorise également que les établissements de détention permettent des sorties à des fins médicales « à certains groupes très ciblés de détenus » dans le contexte de la pandémie. Les détenus qui pourront profiter de ces sorties sont notamment ceux qui leur reste moins de 30 jours de détention à purger.

« Je veux rassurer tout le monde que les personnes qui pourront éventuellement se prévaloir de cette permission de sortie à des fins médicales sont des personnes qui auront commis des délits de faible niveau de gravité, et aucun détenu qui n'a commis un crime violent ne va sortir du centre de détention. Je vais être très claire là-dessus, là, on parle de facteurs très ciblés, de gens vulnérables, par exemple des femmes enceintes », a indiqué Mme Guilbault.