(Québec) Le gouvernement Legault assouplit les règles qui encadrent les entrées et sorties dans les résidences pour aînés et permettra aux proches aidants d’avoir accès à « leurs êtres chers », peu importe où ils résident.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Le premier ministre François Legault a affirmé mardi qu’on « ne trouve pas ça humain que pendant deux mois, une personne n’ait pas pu voir ses enfants. Ça n’a comme pas de bon sens. »

« Il ne faut pas protéger la santé physique au détriment de la santé mentale », a-t-il ajouté en point de presse à Québec.

Ainsi, comme le révélait La Presse mardi, les aînés qui habitent dans des résidences pour personnes âgées pourront « dès maintenant » sortir à l’extérieur sans supervision « et rencontrer leurs proches », a annoncé la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais. Or, malgré cet assouplissement, les personnes âgées devront comme tout le monde maintenir une distance sécuritaire de deux mètres avec leurs proches, entre autres.

Pour les proches aidants, dont plusieurs ne pouvaient toujours pas voir les gens qu’ils aidaient avant la pandémie, ces derniers pourront retrouver leurs accès dès le 11 mai, peu importe où les aînés habitent, que ce soit en CHSLD, en ressources intermédiaires ou en résidence. Les établissements qui voudront refuser l’accès devront désormais justifier leur décision auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Le bilan s'alourdit

Au niveau du bilan, le nombre de cas mortels de COVID-19 s’alourdit à nouveau : le Québec compte mardi 118 nouveaux décès, portant le total des morts à 2398. Le nombre de patients traités aux soins intensifs demeure stable. Depuis le début de la pandémie, 33 417 Québécois ont reçu un test positif au coronavirus.

L’absentéisme demeure un problème criant dans le réseau de la santé. Mardi, 11 200 personnes étaient toujours absentes, soit parce qu’elles étaient infectées par la COVID-19, qu’elles présentaient des risques de santé face à la maladie ou parce qu’elles avaient peur de tomber malade.

François Legault écarte pour l’instant la possibilité d’utiliser les dispositions de l’état d’urgence sanitaire qui lui permet de réaffecter des travailleurs du réseau public aux points névralgiques du système de santé. Pour inciter plus de Québécois à aller travailler en CHSLD, par exemple, le premier ministre a demandé au président du Conseil du trésor de bonifier à nouveau le salaire des préposés aux bénéficiaires.

« Je préfère ça à [une] conscription », a-t-il affirmé.

Marguerite Blais prend sa part des responsabilités

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a affirmé mardi qu'elle « prend [sa] part des responsabilités » dans la crise qui secoue les CHSLD, particulièrement touchés par la COVID-19 dans le Grand Montréal. En entrevue avec La Presse, la semaine dernière, Mme Blais avait refusé d'en porter le blâme.

« Les CHSLD ont toujours été le parent pauvre du ministère de la Santé. Il est temps que ça change », a affirmé celle qui a aussi occupé son siège de ministre sous un précédent gouvernement libéral dirigé par Jean Charest, de 2007 à 2012.

Sur Twitter, Gaétan Barrette, ancien ministre libéral de la Santé, celui-ci avec le premier ministre Philippe Couillard, a écrit que Mme Blais était la « Ponce Pilate » de l'Assemblée nationale.

« Marguerite la Ponce Pilate. Une ministre sans influence dans tous les gouvernements où elle a participé. Zéro embauche, zéro ratios, zéro augmentation de salaires depuis son arrivée. Zéro influence », a-t-il écrit.

À son tour, le premier ministre François Legault a de nouveau affirmé mardi qu’il prenait aussi la responsabilité de ne pas avoir augmenté plus rapidement dans son mandat le salaire des préposés aux bénéficiaires, même lorsqu’il voyait que les postes affichés n’étaient pas pourvus.

À l’heure actuelle, a-t-il rappelé, Québec négocie avec les syndicats pour augmenter de façon permanente le salaire des travailleurs de cette catégorie d’emploi sans offrir nécessairement le même pourcentage d’augmentation de la rémunération à tous les employés du système de santé.

« Si on n’arrive pas [à conclure une entente], a dit M. Legault, on va le faire de façon unilatérale. Un gouvernement a tous les pouvoirs pour augmenter le salaire de certains employés, avec ou sans le support des syndicats. »

Vous habitez une résidence pour personnes âgées ? Vous avez hâte que les règles du confinement soient assouplies pour pouvoir sortir ? Notre collègue Suzanne Colpron aimerait vous entendre. Écrivez-lui : scolpron@lapresse.ca