Une entente entre les préposés aux bénéficiaires et Québec augmentant leur salaire de plusieurs dollars de l’heure serait « à portée de main », selon un bulletin syndical dont La Presse a obtenu copie. La CSN accuse toutefois le gouvernement d’avoir soudainement coupé les discussions.

Gabrielle Duchaine Gabrielle Duchaine
La Presse

Selon le document interne de la Fédération de la santé et des services sociaux-CSN, qui représente 35 000 préposés aux bénéficiaires et 5000 auxiliaires de service, des discussions ont eu lieu avec Québec pour faire grimper de trois marches ces soignants sur l’échelle de rangement salarial des employés du réseau de la santé. Cela leur donnerait presque trois dollars de plus de l’heure, 25,27 $ au lieu de 22,35 $ pour un préposé ou un auxiliaire de service d’expérience.

À titre comparatif, une infirmière auxiliaire chevronnée gagne 30,46 $ de l’heure.

Initialement, dit le même document, le gouvernement proposait d’augmenter de 0,21 $ de l’heure le salaire au bas de l’échelle et de 0,87 $ l’heure celui au sommet de l’échelle pour les auxiliaires de service et une partie des préposés aux bénéficiaires, seulement ceux qui travaillent en CHSLD. On promettait aussi une prime de 6 à 8 % pour les préposés en CHSLD.

Des discussions menées dans les dernières semaines à une table d’équité salariale en présence de conciliateurs de la CNESST auraient plutôt permis d’en arriver à l’entente exposée ci-haut et pour tous les préposés et auxiliaires, pas seulement ceux œuvrant en CHSLD.

« Les travaux [se] sont déroulés rondement au point où une entente est à portée de main », lit-on.

Il y a un bémol, écrit le syndicat à ses membres. « Depuis une semaine, nous attendons une réponse du gouvernement nous permettant de compléter ces discussions. […] Ce long délai de réponse est très surprenant. D’une part, le premier ministre lui-même clame faire une priorité de ce dossier. D’autre part, les échanges que nous avons eus à la table de l’équité salariale ont été fructueux et productifs. Le gouvernement avait déjà évoqué la possibilité de rendre l’entente sur les préposés aux bénéficiaires conditionnelle à une entente globale pour les 500 000 travailleuses et travailleurs des services publics. Serait-il tenté d’instrumentaliser le règlement du dossier pour forcer la main des centrales syndicales dans les négociations du renouvellement des conventions collectives de l’ensemble du secteur public ? »

La FSSS-CSN écrit avoir interpellé le gouvernement à nouveau le 2 mai, hier, dans l’espoir d’en arriver à un règlement.

Le 23 avril dernier en conférence de presse, le premier ministre François Legault avait affirmé que les négociations avançaient « très bien avec les syndicats pour qu’on puisse bonifier le salaire des préposés aux bénéficiaires de façon permanente ».  

Il a plusieurs fois verbalisé son souhait de rendre ce métier plus attrayant.