À quelques semaines du déconfinement, l’utilisation de quelques 200 000 tests de dépistages de la COVID-19 achetés par Québec à une entreprise privée vient d’être restreinte par Santé Canada.

Gabrielle Duchaine Gabrielle Duchaine
La Presse

En conférence de presse la semaine dernière, le directeur national de santé publique du Québec, le DHoracio Arruda avait annoncé que le recours aux tests de l’entreprise canadienne Spartan Bioscience, dont les résultats sont obtenus en moins de 30 minutes sans recours à un laboratoire, faisait partie des « plans » pour « augmenter les capacités de tester » dans le contexte d’une réouverture de certains secteurs de la province. Le DArruda avait ajouté qu’il fallait toutefois « attendre d’avoir les données plus précises ».

Un porte-parole du ministère de la Santé du Québec, Robert Maranda, assure que « les tests de la compagnie Spartan Bioscience n’étaient pas inclus dans la stratégie de dépistage annoncée cette semaine pour augmenter massivement le nombre de tests par jour ».

La commande de Québec, qui se chiffre à 16 millions pour 200 000 tests et 100 appareils permettant la validation, devait arriver à la fin mai. La transaction est « conditionnelle à l’homologation de Santé Canada », précise le ministère de la Santé du Québec. « Dans le cas où l’appareil ne reçoit pas l’homologation requise, la commande sera annulée en vertu d’une clause prévue à cet effet. » D’autres provinces, dont l’Ontario, ont conclu des ententes semblables.

Vendredi, Santé Canada a jeté un pavé dans la marre, avisant l’entreprise de biotechnologies basée à Ottawa que « le Laboratoire national de microbiologie avait des préoccupations concernant l’efficacité du coton-tige breveté du test COVID-19 portatif », explique une porte-parole de Spartan Biosciences.

« À la lumière des résultats des études de validation clinique, Santé Canada a restreint l’utilisation du produit à la recherche jusqu’à ce que des preuves suffisantes de rendement clinique puissent être fournies et évaluées. Le produit de Spartan peut continuer d’être utilisé à des fins de recherche seulement », a fait savoir André Gagnon, porte-parole de Santé-Canada.

La technologie, qui avait été approuvée par Santé Canada, se voulait révolutionnaire. Elle promettait de fournir des résultats en moins de 30 minutes en insérant un coton-tige utilisé pour le prélèvement dans un appareil portatif de la taille d’une tasse de café. Cela éliminait du même coup le besoin d’acheminer les prélèvements dans un laboratoire. Le test pouvait être utilisé par du personnel non spécialisé dans des endroits comme les aéroports ou les postes frontaliers, avait annoncé l’entreprise lors du dévoilement.

Chez Spartan, on se veut rassurant.

« Ce même rapport [de Santé Canada] indique qu’il n’y a aucune préoccupation concernant les performances analytiques du dispositif d’analyse portable d’ADN de Spartan. Par conséquent, Spartan va procéder à un rappel volontaire des tests COVID-19 et effectuera des études cliniques supplémentaires sur la méthode d’échantillonnage ainsi que les cotons-tiges. »

Spartan indique avoir expédié 5500 tests à l’échelle nationale, dont 560 au Québec, « pour validation auprès des organismes de santé, autant au fédéral qu’au provincial. Spartan travaillera diligemment pour répondre aux préoccupations énoncées afin que le test soit disponible dans les plus brefs délais. »