« Il est hors de question que les enseignantes et enseignants se rendent sur les lieux de travail si ceux-ci ne sont pas sécuritaires. Lorsque des vies sont en jeu, le critère de précaution doit être mis en application », écrit l’Alliance des professeurs de Montréal dans une lettre obtenue par La Presse.

Louise Leduc Louise Leduc
La Press

Dans cette lettre envoyée au premier ministre François Legault, au ministre de l’Éducation Jean-François Roberge et aux autorités en santé publique, l’Alliance des professeurs de Montréal signale que l’annonce d’une réouverture des écoles primaires montréalaises le 19 mai a créé « une vague d’inquiétude généralisée » chez les enseignants de Montréal.

Les enseignants, est-il écrit, « doutent de la faisabilité, dans le contexte montréalais, d’un retour en classe, qui respecte les mesures sanitaires et les règles de distanciation sociale ».

L’Alliance dénonce les « communications floues et ambiguës du ministère de l’Éducation » et le fait que de nombreuses questions demeurent sans réponse.

L’Alliance s’inquiète notamment des enfants des classes d’accueil qui parlent peu ou pas du tout le français. « Comment pouvons-nous nous assurer qu’ils comprendront et respecteront les règles de distanciation ? »

Aussi, « des mesures particulières sont-elles prévues dans les quartiers particulièrement contaminés de Montréal, épicentre de la pandémie au Québec ? »

« Que ferons-nous si 15 élèves ne peuvent entrer dans la classe en respectant la distanciation ? Plusieurs écoles montréalaises sont surpeuplées et n’ont pas, ou très peu, de locaux autres que ceux de classe. »

Les préoccupations de l’Alliance rejoignent celles qui ont été exprimées par d’autres syndicats d’enseignants en début de semaine.

Alors que les décès et les hospitalisations ne descendent pas encore à Montréal, le premier ministre François Legault souligne ces derniers jours que la date de réouverture des classes n’est pas coulée dans le béton et qu’elle pourrait être repoussée au besoin.