L’Association des stations de ski du Québec ainsi que des citoyens résidant près des montagnes en appellent au bon sens des skieurs téméraires qui défient l’interdiction temporaire d’arpenter les montagnes visant à freiner la propagation de la COVID-19.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Depuis la mi-mars, les stations de ski ont fermé leurs installations au public dans un souci de ralentir la propagation du virus.

Mais certains adeptes de sports hivernaux se retrouvent en congé forcé et peinent à résister à l’appel de la montagne, déjà nostalgiques d’une saison qui a pris fin de façon abrupte.

Au Massif de Charlevoix, deux agents de sécurité montent désormais la garde au sommet et à la base de la montagne. L’initiative en place depuis mardi matin vise à « dissuader autant les locaux que les gens qui se déplacent de plus loin », indique-t-on sur la page Facebook du Massif.

L’Association des stations de ski du Québec (ASSQ) a reçu un grand nombre d’appels des stations de ski à travers la province pour signaler le non-respect des nouvelles consignes. « L’ASSQ lance un appel à la population de ne pas tenter d’accéder aux domaines skiables pour pratiquer des activités hivernales telles que la randonnée alpine, la raquette, la glissade ou encore la motoneige. »

« Nous faisons appel au civisme de la population pour respecter les consignes de fermeture. Les stations de ski opèrent sur des terrains privés et ces sites ne sont pas des terrains de jeu à accès libre », a évoqué par communiqué Yves Juneau, président-directeur général de l’ASSQ. Défier l’interdiction met en péril la sécurité des skieurs en cas d’accident et n’est pas conforme aux consignes de distanciation sociale visant à freiner la propagation de la COVID-19.

Plusieurs résidants de Petite-Rivière-Saint-François, municipalité située non loin du Massif de Charlevoix, ont confié à La Presse avoir aperçu le week-end dernier des groupes d’amateurs de ski.

Samedi, une trentaine de véhicules se trouvaient au pied et au sommet du Massif, facilement accessible par la route 138, déplore Alain Blanchette, photographe affilié au Massif de Charlevoix. Les skieurs font du covoiturage pour remonter la pente, allant à l’encontre des mesures gouvernementales.

« Même si c’est en plein air, les rassemblements ne sont pas plus acceptables », juge-t-il.

« Qu’on ait à avoir recours à des gardiens de sécurité comme ça pour des gens insouciants et imprudents, ça me désole. »

Selon l’ASSQ, les individus qui utilisent les pistes en dehors de leur ouverture peuvent faire l’objet de plaintes. Si un accident survient, il n’y a pas d’équipe de secours présente pour intervenir auprès d’un skieur blessé.