Le risque de pénurie de masques N95 inquiète grandement le milieu médical au Québec, comme ailleurs dans le monde. Ce type de masque est très utilisé dans la crise sanitaire actuelle. De quoi s’agit-il exactement ? Explications.

Jean-Thomas Léveillé Jean-Thomas Léveillé
La Presse

À quoi sert le masque N95 ?

Il offre une protection respiratoire à la personne qui le porte en filtrant les « aérosols infectieux », comme les poussières ou les gouttelettes projetées par les éternuements et la toux, indique l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Il est notamment efficace contre les maladies respiratoires comme la tuberculose et, plus récemment, la COVID-19.

Le masque N95 est-il pour tout le monde ?

Non. Il est destiné au personnel médical et aux autres intervenants qui entrent en contact avec des personnes malades, afin d’éviter qu’ils soient contaminés ; il ne sert pas aux malades qui voudraient éviter de contaminer d’autres personnes. De plus, il s’agit d’un masque à usage unique qui doit être changé après une exposition à « haut risque », indique l’INSPQ.

Qu’est-ce qui le distingue des autres masques ?

Il filtre l’air qui le traverse et bloque les particules de 0,3 micron et plus, donc bien plus que d’autres masques. D’ailleurs, pour être efficace, il doit être très bien ajusté au visage afin qu’il n’y ait pas de fuite. « Le N signifie que ce type de masque n’est pas résistant à l’huile et le 95 signifie qu’il est efficace pour filtrer 95 % des particules », selon l’INSPQ.

Qu’est-ce que signifie son nom ?

La mention N95 n’est pas un nom, en réalité, mais plutôt une référence à la norme de l’agence fédérale étatsunienne responsable des maladies professionnelles et des accidents du travail, le National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH), l’équivalent de notre Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Plusieurs manufacturiers fabriquent des masques répondant à cette norme.

Pourrait-on réutiliser les masques N95 ?

Oui, disent des chercheurs de l’École de médecine de l’Université Duke, en Caroline du Nord. Des tests ont démontré que la vaporisation de peroxyde d’hydrogène, un produit décontaminant répandu, permettait de tuer les germes et les virus sans dégrader le masque, a-t-elle annoncé la semaine dernière. L’université affirme qu’elle utilisera désormais cette technique dans ses trois hôpitaux.