Au milieu du confinement général, ils continuent à se rendre sur leur lieu de travail pour assurer le bon fonctionnement de la société. Chaque jour, nous vous présentons une de ces personnes dévouées qui font la différence. Aujourd’hui, une infirmière auxiliaire qui continue à prodiguer des soins à domicile à ses patients âgés.

Suzanne Colpron Suzanne Colpron
La Presse

Les gens les plus susceptibles de tomber gravement malades s’ils attrapent le coronavirus, et même d’en mourir, constituent le gros de sa clientèle.

Infirmière auxiliaire depuis 24 ans, Natacha Lafrenière prodigue des soins à domicile depuis neuf ans au CLSC Métro, au centre-ville de Montréal : elle s’occupe des pansements, fait des prises de sang, donne des injections pour des anticoagulants, prend les signes vitaux, installe des sondes urinaires…

« Je fais partie d’une équipe multidisciplinaire, une vraiment bonne équipe, tissée serré », confie-t-elle.

« Les gens de plus de 70 ans, c’est quasiment toute notre clientèle. Ils sont déjà confinés à leur domicile, ajoute l’infirmière de 44 ans, mère de trois grands enfants. C’est nous qui sommes une menace pour eux. Moi, je peux voir jusqu’à huit patients par jour, et je vais d’un domicile à l’autre. »

Aussi, en temps de crise du coronavirus, les gestionnaires de son CLSC ont-ils décidé de réduire certaines tâches pour mieux combattre le SRAS-CoV-2. 

Le but est de protéger la clientèle et de nous protéger aussi.

Natacha Lafrenière

Une équipe de quatre personnes, composée d’une infirmière et de trois intervenants, travailleur social, ergothérapeute ou physiothérapeute, a été mise sur pied : le SWAT. Elle appelle les patients tous les jours, dès 7 h, pour prendre des nouvelles de leur état de santé et demander des services, comme la livraison de repas, si nécessaire.

Natacha Lafrenière fait partie d’une autre équipe, créée elle aussi pour faire face à la pandémie : des infirmières et des intervenants qui font des tests de dépistage à domicile.

Le CLSC avait besoin de 10 volontaires pour constituer cette deuxième équipe. « Quinze personnes se sont proposées », souligne-t-elle.

Sous peu, l’infirmière ira donc chez des gens qui présentent des symptômes de la COVID-19, mais qui ne peuvent pas sortir de chez eux. Elle devra prélever un échantillon à l’aide d’un écouvillon et l’apporter à l’Hôpital général juif de Montréal pour que l’analyse en soit faite en laboratoire.

A-t-elle peur de contracter le virus ?

Non. J’ai bien plus peur d’aller à l’épicerie ou chez Dollarama que chez mes patients.

Natacha Lafrenière

« Mais il faut prendre beaucoup de précautions, ajoute-t-elle. On a aussi reçu une formation pour transporter à l’hôpital ces liquides biologiques prélevés chez les patients. »

Le territoire qu’elle dessert est le centre-ville de Montréal et Westmount, où vivent un grand nombre de snowbirds. « Beaucoup de gens reviennent en ce moment de Floride », confirme Mme Lafrenière.

Et la conciliation travail-famille ?

« Ça se passe bien, dit-elle, mais je dois assouplir la discipline. »

Sa fille de 22 ans, qui occupe un emploi dans un hôtel, a été mise à pied, de même que son fils de 19 ans, qui travaillait dans un restaurant. Il reste son plus jeune, 15 ans, qui trouve le temps long et aimerait bien sortir retrouver ses amis.

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