L’accès aux données personnelles à partir d’un cellulaire inquiète plusieurs Canadiens. L’entreprise québécoise Protect-Yu a donc développé une solution sans cellulaire avec laquelle les autorités et le personnel médical n’auraient accès qu’aux données pertinentes pour la crise actuelle.

Isabelle Dubé Isabelle Dubé
La Presse

Il s’agit d’un bracelet électronique de la taille de ceux pour l’entraînement. Connecté à une console mobile ou à une tablette, le bracelet permet au personnel médical de suivre en temps réel les signes vitaux et les déplacements de celui qui le porte.

« Le bracelet prend la température et la fréquence cardiaque, affirme le PDG, Michel Juneau-Katsuya, ex-agent du SCRS et aujourd’hui spécialiste en gestion de crise et mesures d’urgence. Le personnel médical pourrait donc savoir si une personne qui est revenue de la Floride fait soudainement de la fièvre. Un des symptômes à surveiller. »

Si la personne confinée sort de sa maison, une alerte est envoyée à la console principale. Même scénario si le bracelet est coupé et retiré.

Le bracelet pourrait être mis au poignet de tous ceux qui reçoivent un résultat positif au test de dépistage de la COVID-19, des « snowbirds » qui rentrent au Canada par la frontière terrestre ainsi qu’à tous les voyageurs rapatriés au pays par avion.

La technologie développée par les ingénieurs de Protect-Yu permet aussi de créer des zones géographiques. Ainsi, un résident de Montréal pourrait déclencher une alerte s’il décide de quitter l’île.

Le bracelet a été développé au départ pour les patients souffrant d’Alzheimer, de démence et pour les prisonniers. Selon le président de l’entreprise, des manufacturiers québécois sont prêts à fabriquer 10 000 bracelets en 10 jours, dès que le gouvernement passera la commande. Chaque bracelet coute 50 $. « Quand la santé devient une question de sécurité nationale, il faut prendre les moyens adéquats », soutient Michel Juneau-Katsuya.