(Québec) Des agents de la Sûreté du Québec seront déployés dans le secteur de la Première Nation Long Point à Winneway pour apporter du soutien à la communauté algonquine, qui peine à faire respecter les consignes de confinement pour limiter la propagation de la COVID-19.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

Le chef de la nation de quelque 500 habitants lançait lundi un signal d’alarme et réclamait l’intervention des forces armées canadiennes, si nécessaire, pour aider sa communauté à faire respecter l’ordre. Il en va de la protection « de la vie, de la santé et de l’intégrité » des habitants, indiquait à La Presse, Steeve Mathias.

Son appel a été entendu par Québec qui a demandé à ce que des patrouilles de la Sûreté du Québec, qui dessert le territoire de Winneway en Abitibi-Témiscamingue, soient ajoutées.

Grâce à une entente avec Ottawa, on enverra aussi en renfort des agents de sécurité d’entreprises privées, du type GARDA, au point de contrôle installé à l’entrée de la communauté pour limiter les allées et venues.

Il n’y a actuellement aucun cas déclaré de la COVID-19 à Winneway.

Le chef Mathias expliquait lundi que, si la grande majorité des résidents se conformaient aux règlements, des « délinquants » usaient de différentes stratégies pour contourner le point de contrôle. Ce sont pour l’heure des volontaires qui sont affectés au barrage routier pour tenter de faire respecter les consignes.

La Première Nation Long Point est sans corps de police depuis 2006. La sécurité publique est assurée par la Sûreté du Québec, dont la présence « est quasi-inexistante », déplorait le chef Mathias. Il racontait qu’il a fallu attendre 3 h 30 avant l’arrivée des policiers dimanche pour disperser un rassemblement illégal.

« On est au courant de ces situations-là […] on est en train de travailler sur le dossier, on essaye de trouver une solution pour que le chef Mathias trouve une quiétude dans sa communauté », a indiqué la ministre responsable du Secrétariat aux Affaires autochtones, Sylvie D’Amours, en entrevue à La Presse.

Elle devait d’ailleurs s’entretenir avec le chef Mathias peu de temps après. « À chaque fois qu’il y a un problème ou [que les communautés] ont des besoins spécifiques, qu’elles m’appellent moi ou au cabinet. Les chefs ont tous mon numéro de cellulaire personnel et rapidement on essaye de trouver une solution », a-t-elle ajouté.

Le principal intéressé s’est dit satisfait de la réponse de Québec. « Ce sont des nouvelles qui sont encourageantes, ça va améliorer la situation. On va faire le bilan dans les jours qui viennent pour voir si [les mesures annoncées] correspondent aux besoins de notre communauté », a indiqué M. Mathias.

Nouvelle formation

Comme la situation de Winneway n’est pas unique et que plusieurs communautés ont choisi de restreindre l’accès à leur territoire en imposant des points de contrôle, Québec mettra sur pied un programme de formation pour les membres des Premières Nations qui souhaitent s’impliquer dans un comité local de surveillance.

Cette nouvelle formation sera élaborée en collaboration avec le ministère de la Sécurité publique. Les communautés pourront en faire la demande par l’entremise du bureau de la ministre D’Amours.