La COVID-19 a fait une première victime à Montréal. Ce décès s’ajoute aux deux autres annoncés mercredi par le premier ministre François Legault pour un total de sept décès à travers le Québec depuis le début de la pandémie.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

En vingt-quatre heures, ce sont trois personnes âgées qui ont ainsi succombé au coronavirus, a confirmé en fin d’après-midi la Direction régionale de la santé publique de Montréal. Dre Mylène Drouin de la santé publique n’a pas précisé quel était l’état de santé de la personne qui résidait à Montréal, avant qu’elle ne contracte la COVID-19. Elle a toutefois rappelé que les personnes âgées sont les plus à risque.

Sur l’île où l’on compte maintenant 603 cas d’infection, soit 45 % de tous les cas confirmés à travers la province, les gens âgés de plus 60 ans représentent 27 % des cas diagnostiqués à la COVID-19. On note d’ailleurs un foyer d’éclosion (5 personnes) dans le CHSLD Notre-Dame-de-la-Merci au nord de l’île, ainsi qu’un cas diagnostiqué dans un autre établissement de santé.

Le premier décès relativement à la pandémie de la COVID-19 est survenu la semaine dernière dans la municipalité de Lavaltrie, dans la région de Lanaudière. La victime habitait dans une résidence pour personnes âgées.

Le premier ministre Legault a souligné mercredi, lors de sa conférence de presse quotidienne, que trois résidences de personnes âgées (à Lavaltrie, Montréal et Sherbrooke) étaient particulièrement touchées. Il a d’ailleurs réitéré l’importance de protéger les personnes qui ont un âge avancé.

Un bilan qui s’alourdit

Des 1339 Québécois qui ont reçu la confirmation qu’ils sont infectés au coronavirus jusqu’à maintenant, 45 % résident sur l’île de Montréal. Plus de 42 % des 603 cas à Montréal sont concentrés dans le centre-ouest de l’île, ce qui correspond notamment aux villes de Westmount, Mont-Royal, Côte-St-Luc et aux arrondissements d’Outremont et de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

C’est le constat fait par Dre Mylène Drouin qui a souligné qu’« il y a vraiment quelque chose qui se passe » sur le territoire du CIUSSS Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal. Aucune éclosion spécifique n’a toutefois été relevée.

C’est assez difficile à ce stade-ci de trouver les raisons. Est-ce qu’il y a eu plus de dépistage, plus de voyages, plus de gens qui sont revenus de l’extérieur, des snowbirds par exemple ?

Dre Mylène Drouin, directrice de la santé publique de Montréal

La directrice régionale de la santé publique a expliqué que ses équipes qui font les enquêtes épidémiologiques cherchent actuellement des réponses. Ces enquêtes sont au cœur des interventions de la santé publique. « Plus on va avancer dans nos investigations, probablement qu’on va arriver à comprendre un peu plus le phénomène », a affirmé Dre Drouin.

Le deuxième secteur montréalais le plus touché est le centre-ville où l’on compte 20 % de tous les cas confirmés en date de mercredi après-midi. Les secteurs nord, ouest et est de l’île se partagent les autres cas, respectivement entre 12 % et 15 % du total.

Le bilan de Dre Drouin fait état également de l’infection de 31 personnes parmi le personnel soignant.

Le message d’isolement pendant 14 jours aux voyageurs qui sont de retour à Montréal a été réitéré. Depuis deux jours, ce sont 14 000 personnes en provenance des États-Unis ou d’outre-frontières, qui sont rentrés. « Nous ne pouvons pas nous permettre d’importer de nouveaux cas à Montréal et dans le reste du Québec », a dit Dre Drouin.