(Ottawa) À partir de minuit mercredi, le gouvernement Trudeau obligera tous les voyageurs rentrant au pays à s’isoler pendant une période de 14 jours en invoquant la Loi sur la mise en quarantaine.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
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La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a confirmé cette nouvelle mesure durant un témoignage devant le comité plénier du Sénat. Cette décision vise à s’assurer que les centaines de milliers de snowbirds et autres voyageurs qui rentrent au pays respectent les directives des autorités en matière de santé publique afin de freiner la propagation de la COVID-19.

En vertu de la Loi sur la mise en quarantaine, qui a été modifiée en 2005 dans la foulée de la crise du SRAS, la ministre de la Santé peut établir des postes de quarantaine partout au Canada et imposer des pénalités salées. Un individu reconnu coupable par mise en accusation est passible d’une amende maximale d’un million de dollars et/ou un emprisonnement maximal de trois ans.

Au cours des derniers jours, le premier ministre Justin Trudeau avait haussé le ton durant ses conférences de presse quotidiennes en invitant avec insistance les Canadiens à rester chez eux et à ne participer à aucun rassemblement.

En conférence de presse, la vice-première ministre Chrystia Freeland a indiqué que les autorités canadiennes feront des suivis aléatoires auprès des voyageurs entrant au pays pour veiller à ce qu’ils respectent cette nouvelle directive.

Elle a fait valoir qu’Ottawa doit maintenant recourir à cet outil afin d’aplanir la courbe de propagation de la COVID-19.

« Cette question a été discutée abondamment lundi lors de la dernière réunion du comité du cabinet sur la COVID-19. Tous les Canadiens ont travaillé très fort pour respecter l’éloignement social dans leur vie. Et cela fait quelque temps déjà que nous encourageons les gens qui arrivent au Canada à le faire dès leur arrivée. Nous avons décidé qu’il est temps de rendre cette mesure obligatoire. Il est très important de respecter cette période d’isolement volontaire pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens », a affirmé Mme Freeland.

La vice-première ministre a ajouté que cette mesure est d’autant plus nécessaire que la crise va continuer à prendre l’ampleur avant que la situation ne commence à s’améliorer.

Donald Trump et Pâques

Les ministres du gouvernement Trudeau ont été avares de commentaires lorsqu'on leur a demandé si les mesures à la frontière canado-américaine pourraient être resserrées à l'aune des décisions qui pourraient être prises par l'administration de Donald Trump.

C'est que le président américain a déclaré mardi dans une entrevue qu'il a accordée au réseau Fox News qu'il aimerait mettre fin aux mesures de confinement et «rouvrir le pays» d'ici le 12 avril prochain, histoire que les églises puissent être bondées pour les célébrations pascales.

«J'ai écouté la messe en ligne dimanche, et c'était fantastique, en passant, mais en ligne, ce ne sera jamais comparable à être sur place! Alors le dimanche de Pâques, il y aura des églises remplies partout dans notre pays. Je pense que ce serait un très beau moment», a-t-il argué.

Le locataire de la Maison-Blanche a ensuite précisé que sa décision n'était pas arrêtée, mais qu'il s'agissait d'un calendrier de travail «Cela nous laissera du temps pour continuer à faire ce que nous faisons... je ne suis pas certain que ce sera ce jour-là, mais j'aimerais que ça tombe pile sur le dimanche de Pâques».

Les déplacements non essentiels entre le Canada et les États-Unis sont interdits depuis samedi dernier pour une période d'au moins 30 jours, jusqu'à nouvel ordre. Des exemptions visant les personnes munies d'un visa de travail, les étudiants internationaux ainsi que certaines catégories de travailleurs essentiels sont toutefois en place.

L'entente conjointe doit faire l'objet d'une révision à l'issue de la période initiale de 30 jours.