Un sondage CROP–La Presse sur la COVID-19 révèle que les Québécois sont plus inquiets des impacts économiques que du risque de propagation du virus à travers la province. C’est particulièrement vrai pour les hommes et les jeunes adultes, qui prennent moins au sérieux les mesures de distanciation sociale. Les femmes craignent davantage la pandémie.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

Le coup de sonde de la firme CROP a été mené auprès de 1001 Québécois de plus de 18 ans, entre le 18 et le 22 mars, la veille de l’annonce par le gouvernement Legault de la fermeture de toutes les entreprises et de tous les commerces — et avant que le nombre de cas confirmés au Québec n’explose, passant de 219 à 628.

Plus de la moitié des Québécois interrogés, soit 57 %, ont affirmé se considérer comme « très inquiets » des impacts de la pandémie sur l’économie du Québec, tandis que 28 % se disaient « assez inquiets ». Ces inquiétudes dégringolent quand il est question de la peur de la propagation, avec à peine 4 personnes sur 10 (41 %) qui se disent très inquiètes, alors que 35 % sont assez inquiètes.

La population du Québec n’a pas peur non plus de contracter le virus de la COVID-19, démontre le sondage. À cet égard, à peine une personne sur quatre (28 %) se dit très préoccupée.

Les femmes plus craintives

La firme de sondage CROP a ensuite voulu savoir si les hommes et les femmes voyaient la pandémie du même œil. Il appert que les femmes, dans une proportion de 59 %, craignent de contracter le coronavirus. Dans le cas des hommes, à peine la moitié ont manifesté des inquiétudes notables.

« C’est frappant pour les hommes. On peut penser qu’il y a un relent de testostérone, que les hommes se prennent pour des coqs. C’est de la fanfaronnade. Dans le cas des jeunes de 18 à 34 ans, on peut penser qu’ils se sentent invincibles. C’est l’insouciance de la jeunesse », estime le président de CROP, Alain Giguère.

Québécois disciplinés

Hommes ou femmes, jeunes ou âgés : le sondage démontre que les mesures de distanciation sociale imposées par le gouvernement sont vues d’un bon œil. Plus de trois Québécois sur quatre (78 %) considèrent qu’il est important de réduire les déplacements en transports en commun.

Le télétravail est aussi bien accueilli. Dans 76 % des cas, les répondants ont affirmé que le travail à la maison est primordial quand c’est possible.

Limiter les sorties, sauf pour les urgences, aller à l’épicerie ou à la pharmacie ; dans 75 % des cas, on estime que c’est très important. Les mêmes résultats (75 %) ont été obtenus pour l’importance de réduire tout contact avec d’autres personnes.

Dans l’ensemble, à peine 4 % des Québécois interrogés ont affirmé n’avoir pris aucune mesure de distanciation. En tête de liste des répercussions sur la vie, un tiers des gens (34 %) ont affirmé avoir dû annuler un évènement important avec de la famille ou des amis. Pas loin derrière, 25 % ont expliqué avoir reporté ou annulé un évènement sportif, professionnel ou culturel.

Le quart des Québécois (23 %) pense que le retour à la normale aura lieu dans les deux prochains mois. Les jeunes sont plus positifs, par une proportion de 38 %.

Legault et Trudeau

Selon le président de CROP, Alain Giguère, les résultats du sondage viennent confirmer la satisfaction des Québécois à l’égard du premier ministre François Legault et de son équipe. Dans 65 % des cas, les répondants se disent très satisfaits de son travail. Seuls 12 % se déclarent peu ou pas satisfaits.

À l’inverse, plus de la moitié (58 %) des Québécois sont peu ou pas satisfaits du gouvernement fédéral de Justin Trudeau.

« Le gouvernement de François Legault donne l’impression que la situation est sous contrôle. Il donne l’impression que si on écoute à la lettre les directives de santé publique, on ne contractera pas le virus. C’est du bon travail. »

Méthodologie

La collecte des données s’est déroulée du 18 au 22 mars par l’entremise d’un panel web. Au total, 1001 questionnaires ont été remplis par des Québécois de plus de 18 ans. Les résultats ont été pondérés afin de refléter la distribution de la population à l’étude selon le sexe, l’âge, la langue maternelle et la scolarité des répondants. Notons que, compte tenu du caractère non probabiliste de l’échantillon, le calcul de la marge d’erreur ne s’applique pas.

Le sondage en chiffres

57 % des Québécois sont très inquiets des impacts économiques.

41 % des Québécois sont très inquiets des risques de propagation.

28 % des Québécois sont très inquiets à l’idée de contracter la COVID-19.

23 % des travailleurs interrogés au moment du sondage (avant l’annonce de la fermeture de toutes les entreprises et de tous les commerces non essentiels) étaient très inquiets à l’idée de de perdre leur emploi.

Source : Sondage CROP–La Presse