Une nouvelle étude publiée le 16 décembre avance qu’en suivant un protocole de tests, une personne qui a été en contact avec un individu atteint de la COVID-19 pourrait quitter sa quarantaine si elle obtient un résultat négatif au septième jour.

Antoine Trussart Antoine Trussart
La Presse

L’étude a été réalisée par des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) auprès de 30 travailleurs de la santé de l’île de Montréal qui ont dû se placer en quarantaine après avoir été en contact prolongé avec une personne infectée par le coronavirus.

L’étude démontre que toute personne en quarantaine ayant eu un test négatif après 7 jours est demeurée négative après 14 jours. Les personnes étudiées utilisaient un test de salive à la maison, dont les résultats peuvent être connus en 12 à 24 heures.

Cela laisse donc présager que la période de quarantaine pour les travailleurs de la santé pourrait être réduite de moitié en respectant un protocole de tests bien établi.

Ce sont des résultats préliminaires qui doivent être interprétés avec précaution, souligne Benjamin M. Smith, coauteur de l’étude et directeur adjoint du Centre de recherche évaluative en santé (CRES) de l’Institut de recherche du CUSM.

« Nous avons publié des résultats par intérim, à cause de la deuxième vague où les hôpitaux travaillent à la limite de leurs capacités, précise le chercheur. Peut-être qu’une quarantaine de sept jours est suffisante si on a un test négatif au septième jour » et que l’établissement de santé est en manque important de personnel.

« Malheureusement, quand nous avons conçu l’étude, nous ne nous attendions pas à ce que ça puisse servir à Montréal », mais la pénurie récente de personnel semble indiquer que ce pourrait être le cas, ajoute-t-il.

Parmi les personnes étudiées, certaines ont développé des symptômes seulement après le 9e ou 10e jour, mais le test avait détecté la présence du virus avant leur apparition. Benjamin Smith met donc l’accent sur l’importance de se faire tester et non pas de se fier seulement à l’absence des symptômes.

« Si un travailleur de la santé est exposé, on peut alors lui demander de rester isolé et lui donner un test COVID à faire à la maison au septième jour », ajoute le chercheur.

L’étude se poursuit auprès de plus de participants afin d’arriver à obtenir des résultats statistiquement plus fiables. L’intervalle de confiance des données se situe pour le moment à 93 %.

Il est possible que les résultats complets de l’étude puissent permettre de considérer réduire le temps de quarantaine pour tout le monde et non pas seulement pour les travailleurs de la santé si le protocole de tests est respecté, selon Benjamin Smith.

> Consultez les résultats préliminaires de l'étude