(Ottawa) Le Canada recevra 168 000 doses du vaccin développé par Moderna d'ici la fin décembre si la Santé publique lui donne le feu vert, ce qui signifie qu'un total de 417 000 doses de vaccins contre la COVID-19 pourraient arriver au pays d'ici le 1er janvier.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé la conclusion de cette deuxième entente en conférence de presse au parlement, mardi matin.

« Une fois qu’il sera approuvé par Santé Canada, l’entente prévoit la livraison de 168 000 doses du vaccin de Moderna avant la fin décembre. Ces doses font partie de l’entente de 40 millions de doses que nous avons avec Moderna », a-t-il déclaré.

Les livraisons pourraient commencer 48 heures après l’approbation du vaccin.

« Comme c’était le cas pour les livraisons du vaccin de Pfizer qui ont pu commencer plus tôt, cette nouvelle signifie que nous pourrons prendre encore plus d’avance pour protéger les Canadiens », a ajouté le premier ministre.

Accompagné de la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Anita Anand, et de la patronne de la Santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, il a tenu à rassurer la population en insistant sur le fait que « tout vaccin approuvé au Canada est sécuritaire et efficace ».

Ces doses d’un potentiel deuxième vaccin approuvé par les autorités sanitaires canadiennes s’ajouteraient aux 249 000 que l’on doit recevoir du vaccin de Pfizer-BioNTech d’ici la fin de l’année 2020 au pays. Celui-ci a reçu le feu de Santé Canada mercredi dernier.

D'ailleurs, à propos de Pfizer, Justin Trudeau avait aussi des nouvelles réjouissantes à partager, mardi.

« Nous avons maintenant confirmé que, la semaine prochaine, nous recevrons 200 000 doses faisant partie du total prévu avec Pfizer. De plus, nous aurons 70 sites de vaccination pour ces doses, donc 56 de plus que cette semaine », a-t-il exposé.

Par conséquent, le Canada a maintenant des ententes lui permettant de recevoir jusqu’à 417 000 doses avant le 1er janvier, et donc de faire vacciner près de 209 000 personnes, puisque les deux vaccins nécessitent l'administration de deux doses pour atteindre leur efficacité optimale.

Le premier ministre n'a pas spécifié s'il en coûtait plus cher pour mettre la main sur ces vaccins plus tôt que prévu. À ses côtés, la ministre Anand n'a pas non plus voulu entrer dans le détail, se contentant d'affirmer que le Canada avait payé la « juste valeur marchande ».

Santé Canada a laissé entendre que l'approbation du vaccin de Moderna pourrait venir dès cette semaine.

Le Canada a signé une entente avec la pharmaceutique américaine qui lui permet d’obtenir un minimum de 40 millions de doses et jusqu’à 16 millions de doses supplémentaires du vaccin baptisé ARNm-1273, dont l'efficacité est de 94,5 %.

Dans le cas de celui de Pfizer, on parle de 20 millions de doses minimum, avec une option pouvant donner accès à 56 millions autres doses.

Une distribution moins complexe

La distribution du vaccin de Moderna, qui reste stable à des températures de réfrigération standard de 2 à 8 degrés Celsius pendant 30 jours, serait moins complexe que celui du vaccin de Pfizer-BioNTech, dont la température de conservation doit être maintenue à environ -70 degrés Celsius.

Cela signifie qu'il sera plus facile d'acheminer ce vaccin dans les villages isolés situés dans le nord du pays ainsi que dans les communautés autochtones. C'est d'ailleurs ce que le gouvernement prévoit faire « dans les prochaines semaines », a signalé Justin Trudeau.

Même si on mettra un accent sur les communautés isolées et autochtones, le vaccin sera néanmoins distribué dans les provinces et territoires au prorata de leur population, a ensuite précisé le major général Fortin. « La planification est en cours », a-t-il indiqué en soulignant qu'une simulation avait lieu mardi.

La décision d'accorder une priorité aux communautés nordiques pour le deuxième vaccin s'explique par le fait qu'elles n'ont pu avoir accès au délicat vaccin de Pfizer-BioNTech, a fait remarquer l'administrateur en chef adjoint de la santé publique, le Dr Howard Njoo.

Les 30 000 premières doses du premier vaccin autorisé par Santé Canada sont arrivées au pays dimanche soir, ce qui a permis à la campagne de vaccination de se mettre en branle lundi, soit environ neuf mois après le début de la pandémie au Canada.

En matinée, le premier ministre Trudeau a fait un saut à la clinique de vaccination de l’hôpital d’Ottawa. « C’est une bonne journée pour être de retour », a-t-il lancé au personnel soignant à qui il venait de dire qu’il était né ici il y aura 49 ans la semaine prochaine.

Lui-même se fera vacciner lorsque son tour sera venu en fonction de la liste de priorité déterminée par les autorités sanitaires. Il devra donc vraisemblablement attendre au mois d'avril, alors que la campagne de vaccination générale débutera au pays, selon le calendrier qui a été dévoilé par Ottawa mercredi passé.

Aux États-Unis, la possibilité que le président sortant Donald Trump, le vice-président sortant Mike Pence et des membres de leur garde rapprochée coupent la file et soient vaccinés parmi les premiers a été évoquée dans les médias américains au cours des dernières heures.

L’immunologiste Anthony Fauci, coordinateur de la lutte contre les maladies infectieuses aux États-Unis, a affirmé mardi sur les ondes de CNN qu'il s'agirait là de sa recommandation – et que celle-ci valait aussi pour le président désigné Joe Biden et la vice-présidente désignée Kamala Harris.