Des écoles primaires et secondaires fermées du 17 décembre au 10 janvier inclusivement. Du télétravail obligatoire pour les employés de bureau durant la même période. Mais des cours de ski et des entraînements de hockey autorisés à l’extérieur en groupes de huit personnes. Le premier ministre François Legault a présenté mardi après-midi les détails de sa « pause de Noël ».

Ariane Lacoursière Ariane Lacoursière
La Presse

Antoine Trussart Antoine Trussart
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Comme annoncé ces derniers jours, tous les commerces non essentiels seront fermés du 25 décembre au 10 janvier inclusivement. Tout devra être fermé sauf les épiceries, les pharmacies, les quincailleries, les garages et les animaleries.

Les grands magasins, comme Walmart ou Costco, ne pourront vendre que des produits essentiels pour permettre une « équité avec les petits commerces ». Les salons de coiffure et de soins esthétiques seront fermés du 25 décembre au 11 janvier.

La définition de « produits essentiels » reste la même qu’au printemps dernier. Les commerces vendant des vêtements d’hiver ne seront pas considérés comme essentiels. « On va demander aux gens de se munir de ces vêtements-là antérieurement », a dit le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda.

Les écoles primaires, qui devaient au départ être fermées du 17 décembre au 4 janvier, le seront finalement jusqu’au matin du 11 janvier. Le premier ministre n’a pas l’intention de prolonger cette période. « Je pense que le risque est faible. L’objectif est vraiment de rouvrir les écoles le 11 janvier », a dit M. Legault. Les services de garde en milieu scolaire seront ouverts pour les travailleurs prioritaires seulement.

Les services de garde à la petite enfance resteront ouverts. Mais le premier ministre a fait « un appel à tous ». Il a demandé à « tous les parents capables de garder leurs enfants à la maison de le faire ». Autre changement : les rares régions qui sont encore en jaune ou en orange passeront à l’orange et au rouge. La Côte-Nord et l’Abitibi-Témiscamingue passent ainsi à l’orange et la Gaspésie, au rouge.

Plus de sports extérieurs

Pour inviter la population à « bouger plus », les activités de plein air seront permises durant les Fêtes. Les enfants en congé pourront donc jouer au hockey à l’extérieur à condition d’être un maximum de huit personnes. Même chose avec le ski : huit personnes pourront suivre un cours, incluant l’entraîneur ou le professeur.

Louer un chalet ou une chambre d’hôtel reste permis. Mais les personnes qui passeront d’une zone rouge à une zone orange ne doivent pas aller à l’épicerie, a précisé le DArruda. « Les gens doivent se rappeler de limiter leurs contacts », a martelé le ministre de la Santé Christian Dubé.

Les sites extérieurs, dont le Jardin botanique, seront tous ouverts, a annoncé M. Legault. « C’est une bonne chose d’aller dehors. Il y a beaucoup moins de propagations du virus à l’extérieur », a-t-il dit, tout en rappelant l’importance des deux mètres de distanciation.

Impossible toutefois de faire des fêtes à l’extérieur. Les rassemblements dans les cours privées ne seront pas permis. M. Legault souhaite essentiellement que les gens puissent bouger ensemble à l’extérieur.

La période des Fêtes va être un genre de cocooning, mais aussi avec beaucoup d’activités extérieures.

Le Dr Horacio Arruda

« On ne veut pas de rassemblements à l’extérieur à la maison autour d’un feu parce que les gens vont entrer à l’intérieur », a expliqué le DArruda.

Enfin, parmi les autres assouplissements autorisés : les personnes seules, qui peuvent déjà recevoir une personne à la fois, pourront aussi aller dans la bulle d’une autre famille. Une grand-mère qui voudrait aller passer une soirée dans la famille d’un de ses enfants le pourra. Mais elle devra choisir une seule bulle.

Casser la deuxième vague

Le nombre d’hospitalisations a bondi mardi au Québec alors que le bilan de la COVID-19 continue à s’alourdir. La province rapporte une hausse de 69 personnes hospitalisées, ainsi que 1741 cas et 38 morts supplémentaires en raison de la pandémie. Pas moins de 959 personnes se trouvent actuellement à l’hôpital, dont 125 aux soins intensifs. Le bilan des personnes hospitalisées a ainsi augmenté de 124 en une semaine, soit de 15 %.

Un constat « très préoccupant », selon le ministre de la Santé Christian Dubé, qui a précisé que « certains hôpitaux ont atteint leur capacité maximale ».

Avec 7411 travailleurs de la santé absents, « c’est vraiment difficile dans les hôpitaux », a dit M. Legault.

Le premier ministre souligne que la situation est aussi difficile dans les écoles. Lundi, 181 nouvelles classes étaient fermées à cause de la COVID-19.

Il est temps que les vacances arrivent.

François Legault

Le plan de Noël « nous donne toutes les chances de casser cette deuxième vague-là pour qu’on puisse ensuite commencer à déconfiner », selon M. Legault. Il croit aussi que cela permettra d’éviter la congestion dans les hôpitaux. « On va se payer tout un Noël en 2021 », a-t-il ajouté.

900 personnes de plus vaccinées

Le ministre Dubé a indiqué que 900 nouvelles personnes avaient reçu le vaccin contre la COVID-19, mardi. Celles-ci s’ajoutent aux quelque 300 personnes vaccinées lundi. « On voit la lumière au bout du tunnel », selon M. Legault, qui reconnaît tout de même que vacciner tous les Québécois « va prendre un certain nombre de mois ».

Parmi les régions québécoises, le bilan des morts est particulièrement lourd à Montréal, où l’on en rapporte 17. La région métropolitaine connaît une hausse des cas depuis trois semaines maintenant. Dans l’île, les nouveaux cas ont pratiquement triplé depuis la fin de novembre.

Les 1741 nouveaux cas s’inscrivent dans la tendance à la hausse observée depuis trois semaines. Depuis une semaine, le Québec rapporte en moyenne 1791 nouveaux cas par jour.

La tendance est particulièrement élevée à Laval, où l’on recense 35 nouveaux cas par 100 000 habitants. C’est présentement le plus haut taux dans la province.

Les petits commerçants résignés

« Je suis vraiment contente que ça soit à partir du 25 plutôt que du 17 ou 18 », affirme Lucille Jusserand, de Mëdz Salon de coiffure, rue Masson à Montréal. « On s’y attendait, je pense que c’est pour la bonne cause. On était préparés mentalement », ajoute-t-elle.

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Le coiffeur Jimmy à l’œuvre au Mëdz Salon de coiffure, rue Masson à Montréal

Les commerçants rencontrés par La Presse mardi soir étaient résignés, mais soulagés de pouvoir servir leurs clients jusqu’à Noël. Pour la plupart d’entre eux, ce sont les semaines les plus occupées de l’année.

« Ces 15 jours-là avant Noël, ça équivaut à 5 mois de boulot ordinaire », explique Alex Bergeron, libraire au Port de tête, avenue du Mont-Royal. L’engouement pour le livre ne se dément pas, alors que la librairie a maintenant une file d’attente extérieure pendant pratiquement toute la journée, selon Lucile Abiven, libraire.

Au Vieux Bouc, librairie usagée et café de la rue Masson, Daniel Séguin se réjouit de pouvoir garder son café ouvert pour les commandes à emporter. Il a confiance en la fidélité de sa clientèle qui sera au rendez-vous à la réouverture, selon lui.

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Daniel Séguin, gérant de la librairie et café au Vieux Bouc

Navid Vafi, gérant de Chez Pasquale Barbier, entretient des doutes quant à la durée de cette pause des Fêtes. « J’ai des amis propriétaires de gym qui s’étaient fait dire que c’était 28 jours en septembre », explique-t-il.

« D’ici au 25 [décembre], je fais 70 heures par semaine pour compenser. Ça va être des journées de 10, 12, même 14 heures d’ici là », indique-t-il.

– Avec la collaboration de Pierre-André Normandin

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