(Ottawa) Certains demandeurs d’asile qui ont travaillé en première ligne pendant la pandémie plus tôt cette année pourront demander la résidence permanente au Canada à compter du 14 décembre.

Stephanie Levitz
La Presse Canadienne

Le gouvernement fédéral avait annoncé en août le programme pour ces « anges gardiens » qui ont travaillé dans le secteur de la santé, mais Ottawa avait alors fourni peu de détails sur la procédure et le moment où les gens pourraient présenter une demande.

Le ministre fédéral de l’Immigration, Marco Mendicino, a dévoilé ces détails mercredi. Il y aura donc deux volets : un pour ceux qui vivent au Québec et un pour ceux qui sont dans une autre province.

Mais dans les deux cas, les demandeurs d’asile qui ont pratiqué certains métiers liés aux soins de santé et qui avaient déjà demandé l’asile avant le 13 mars pourront demander la résidence permanente.

Mais les critères d’admissibilité au programme sont également élargis pour inclure les époux ou conjoints de fait des demandeurs d’asile qui sont morts entre-temps de la COVID-19.

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE

Marco Mendicino

Par ailleurs, le gouvernement tiendra compte désormais de tout stage effectué dans le cadre d’un programme de formation postsecondaire ou professionnelle : ce temps pourra faire partie des heures de travail nécessaires pour être admissible au programme. Ces heures doivent avoir été effectuées entre le 13 mars et le 14 août.

Au Québec, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration avait créé cet été son propre programme pour permettre aux demandeurs d’asile qui avaient prodigué des soins directs aux patients et aux aînés depuis le début de la pandémie de s’établir au Québec de façon permanente.

Les demandeurs devront d’abord présenter leur demande de résidence permanente à Immigration Canada. Une fois qu’Ottawa aura déterminé que les demandeurs satisfont aux exigences du programme, le ministère québécois validera cette demande et pourra délivrer un Certificat de sélection du Québec. Une fois que toutes ces exigences seront satisfaites, Ottawa accordera la résidence permanente aux demandeurs.

« Contribution exceptionnelle »

« Les Canadiens sont reconnaissants envers les demandeurs d’asile et le travail qu’ils font pendant la pandémie, a indiqué le ministre Mendicino. Grâce à cette mesure spéciale, nous soulignons leur contribution exceptionnelle en leur assurant un avenir plus sûr au Canada. »

Les candidatures au programme seront acceptées jusqu’au 31 août 2021. On ne sait pas encore combien de personnes seront admissibles ou présenteront une demande.

Avant la fermeture de la frontière à cause de la pandémie de COVID-19, des milliers de personnes arrivaient chaque mois au Canada et demandaient l’asile. En attendant une décision dans leur dossier, plusieurs ont trouvé du travail dans les soins de santé, notamment comme préposés aux bénéficiaires dans des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Un grand nombre d’entre eux étaient arrivés des États-Unis au Québec, par le chemin Roxham, et c’est de cette province que la pression publique a commencé en faveur d’un programme d’immigration spécial pour ceux qui avaient risqué leur vie en première ligne dès les premiers jours de la pandémie.

La décision de limiter l’admissibilité à la résidence permanente aux seuls demandeurs d’asile qui avaient été des « anges gardiens » a toutefois été critiquée.

De nombreux défenseurs des droits des réfugiés ont souligné que des demandeurs d’asile ont travaillé dans d’autres secteurs jugés essentiels pendant la pandémie et qu’ils devraient également être reconnus.